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Le FMI baisse sa prévision de la croissance française

Dernière modification : 20/02/2008

Le FMI a revu en forte baisse sa prévision de croissance pour la France en 2008, à 1,5% contre 2% auparavant, s'attirant une vive réplique de Bercy qui juge l'analyse du FMI "pas très rationnelle".

Le Fonds monétaire international a revu mercredi en forte baisse sa prévision de croissance pour la France en 2008, à 1,5% contre 2% auparavant, s'attirant une vive réplique de Bercy qui juge l'analyse du FMI "pas très rationnelle" et même "schizophrène".
   
"Pour la France, nous prévoyons une croissance de 1,5% en 2008", alors que la dernière prévision, publiée en octobre, était de 2%, indique Alessandro Leipold, directeur adjoint du département européen du FMI, sur le site de l'institution, à l'occasion de la revue annuelle de la situation économique française.
   
Un chiffre très en deçà des prévisions du gouvernement: la France a bâti son projet de budget 2008 avec une hypothèse de croissance comprise entre 2% et 2,5%.
   
Récemment, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a revu à la baisse les prévisions de croissance de la France, citant les retombées à attendre de la crise des prêts hypothécaires à risque américaine, et table désormais sur une progression du produit intérieur brut "autour de 2%" cette année, après 1,9% pour 2007.
   
Les commentaires du Fonds ont aussitôt été qualifiés de "pas très rationnels", et même "schizophrènes" par l'entourage de Mme Lagarde.
   
"Le FMI souligne les réformes structurelles (...), il est partisan d'un soutien ponctuel à la croissance, c'est ce qu'on fait avec la loi TEPA, et il souligne que les entreprises françaises sont dans une situation financière plus saine que dans le reste de la zone euro", a fait valoir un conseiller.
   
"Ce qui plaiderait pour une révision à la baisse moins forte que dans le reste de la zone euro", a-t-il ajouté.
   
"Le FMI considère lui-même que sa prévision est pessimiste puisqu'il évoque deux aléas à la hausse: l'embellie de la conjoncture dans l'aéronautique et dans l'automobile", a conclu le conseiller.
   
Le directeur général du Fonds, le Français Dominique Strauss-Kahn, a lui aussi très vite réagi au début de polémique suscité par le rapport en "précisant" par la voix d'une porte-parole qu'il n'a "conformément à la tradition, ni discuté ni validé le rapport concernant son propre pays".
   
"Le climat économique international n'est guère favorable et obscurcit les perspectives de croissance à court terme", a justifié le FMI sur son site, rappelant que le Fonds avait déjà abaissé en janvier d'un demi-point de pourcentage, à 1,6%, la prévision de croissance pour la zone euro.
   
Par ailleurs, si la France "a avancé un programme de réformes ambitieux pour renouer avec une croissance soutenue et durable", le Fonds dénonce "une pause dans l'effort d'assainissement" des dépenses publiques.
   
La France prévoit dans son programme budgétaire un déficit de 2,4% du PIB en 2007 et de 2,3% en 2008, mais le FMI prévoit 2,7% cette année, "très près des critères de Maastricht", dans son rapport de mercredi.
   
"La France n'a pas de marge de manoeuvre budgétaire pour lancer une politique de relance par le biais de mesures discrétionnaires", pointe aussi le Fonds.
   
La Commission européenne a de son côté abaissé début novembre sa prévision de croissance pour la France cette année de 2,3% à 2%.
   
Le FMI administre toutefois quelques satisfecits à la France dans son rapport, saluant "un programme de réformes ambitieux pour renouer avec une croissance soutenue et durable", et en particulier les réformes "qui visent à liberer le marché du travail".
   
Le FMI dit aussi attendre "beaucoup de la loi de modernisation, qui devrait mettre en oeuvre nombreuses recommandations de la commission Attali".
   
Enfin, "le système financier français a relativement bien surmonté les turbulences récentes et leurs conséquences sur l'économie réelle semblent limitées".

Première publication : 20/02/2008

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