L'Union africaine a décidé mercredi de soutenir militairement le gouvernement de l'Union des Comores qui entend mettre fin à l'aventure de l'homme fort d'Anjouan Mohamed Bacar, dont la réélection en juin 2007 est rejetée par l'organisation continentale et le gouvernement comorien.
De son côté, la France s'est dite prête à transporter des troupes de l'UA jusqu'aux Comores, dans le cadre d'une opération militaire contre l'île d'Anjouan menée par le gouvernement de l'Union.
L'UA "a résolu d'aider et de soutenir le président (de l'Union des Comores Ahmed Abdallah) Sambi à restaurer la paix et la sécurité à Anjouan dès que possible", a déclaré Bernard Kamillius Membe, ministre tanzanien des Affaires étrangères qui présidait avec le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Saïd Djinnit, une réunion ministérielle des Etats membres du groupe de contact sur les Comores.
"Nous sommes prêts à le soutenir militairement et logistiquement (...) D'ici au 30 mars, tout sera terminé", a ajouté M. Membe à l'issue de cette réunion à Addis Abeba, siège de l'UA.
Ce groupe comprend la Tanzanie, la Libye, le Sénégal et le Soudan.
Selon un communiqué de l'UA, les participants à cette réunion "sont tombés d'accord sur des mesures pratiques militaires et sécuritaires visant à soutenir la décision prise par le gouvernement de l'Union des Comores de restaurer son autorité à Anjouan".
"Il a été décidé d'envoyer immédiatement une équipe d'évaluation militaire et sécuritaire aux Comores et une équipe de planification pour finaliser le processus de planification", ajoute le texte.
Le 31 janvier, M. Sambi, excédé par l'inaction de l'UA, avait annoncé son intention d'intervenir "incessamment pour restaurer l'intégrité de l'Etat comorien" par une opération militaire, lors d'une réunion au 10e sommet de l'UA à Addis Abeba.
Anjouan est en crise ouverte avec l'Etat fédéral. M. Bacar, réélu président d'Anjouan le 10 juin 2007 à la suite d'une élection rejetée à la fois par l'UA et l'Etat fédéral, refuse depuis d'organiser de nouvelles élections.
Il semble vouloir se maintenir au pouvoir coûte que coûte, tout en ayant réaffirmé régulièrement ces derniers mois son attachement à l'Union des Comores.
Anjouan avait fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.
Selon un participant à la réunion de mercredi à Addis Abeba, cette mission pourrait être sur place avant la fin février pour s'assurer que "les moyens préconisés (...) sont suffisants pour l'appui aux forces comoriennes et plus tard à l'organisation d'élections à Anjouan".
"Parmi les partenaires de l'UA qui ont accepté de nous soutenir, la France a exprimé sa disposition à faciliter le transport de troupes tanzaniennes et sénégalaises à Moroni", a précisé à l'AFP M. Djinnit.
Un diplomate français a confirmé cette information: "Nous avons dit que nous les aiderions pour le transport jusqu'aux Comores, soit à Moroni (capitale de l'Union) soit à Mohéli (île située en face d'Anjouan), mais nous ne les aiderons pas à débarquer à Anjouan".
"Les pays du groupe ont fait des annonces de contribution de troupes très encourageantes", a ajouté M. Djinnit. Il n'a pas précisé le nombre de soldats qui renforceront la Maes (Mission africaine de sécurisation des élections), initialement déployés aux Comores pour assurer la sécurité du scrutin de juin 2007.
Le chef de la délégation des Comores à l'UA et conseiller du ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Nafion, s'est réjoui de ce "soutien", qui "va se traduire par un apport de troupes, de moyens de transport aériens et maritimes qui va nous permettre de réaliser l'intervention".
Mardi, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA avait déjà décidé de prolonger de deux mois les sanctions (embargo maritime, gel des avoirs finaciers et interdiction de voyager des hauts responsables) contre le régime "illégal" du président Bacar.














Commentaires
La stabilité aux comores
Cette mission est nécessaire pour la stabilité de l'union des comores. À Mon avis, Sambi , le président de l'union des Comores a bien fait d'avoir demandé le soutien de Libye , soudan etc . Parce que cette opération ne réussira sans l'aide de l'UA. M. Bacar c'est un dictateur . Beaucoup des citoyens Comoriens d'Anjouan on été torturés , certains même violés. M.Bacar n'a aucun projet pour Anjouan , il doit quitter le pouvoir et laisser le pouvoir à ceux qui veulent développer notre pays, à ceux qui veulent avancer.
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