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Les exilés cubains ne se font pas d'illusion

Dernière modification : 21/02/2008

Les nombreux exilés cubains de Miami ont accueilli la nouvelle du retrait politique de Fidel Castro sans grand enthousiasme. Nos envoyés spéciaux, Sophie Claudet et Nicolas Ransom, les ont rencontrés.

En avion, radeau de fortune, vedette rapide de contrebande, voire en voiture amphibie, des centaines de milliers de Cubains sont arrivés ces 40 dernières années aux Etats-Unis où ils attendent la fin du castrisme et continuent d'aider ceux qui sont restés dans l'île.

Plus de 700.000 Cubains d'origine, soit la moitié de la communauté cubaine des Etats-Unis, vivent à Miami (Floride, sud-est), une petite ville transformée en métropole par l'afflux de Cubains fuyant la révolution de 1959.

Un bras de mer infesté de requins sépare les côtes de Floride et de Cuba et "c'est par ce détroit que nous sommes tous passés" raconte Marcos G. un chauffeur de taxi qui en 1994, avec cinq autres personnes, a traversé les eaux agitées en "trois jours d'enfer" sur une embarcation de fortune pour arriver à Cayo Marathon, un banc de sable, "presque inconscient, déshydraté et souffrant d'insolation".

Une première vague d'exilés cubains a suivi les débuts de la Révolution, plus de 250.000 personnes en trois ans puis 268.000 entre 1965 et 1973 dans des avions affrétés spécialement et baptisés "vols de la liberté".

Après la suspension de ces vols par La Havane en 1973, une nouvelle vague de réfugiés cubains culmine en 1980 avec l'exode massif en cinq mois, depuis le petit port de Mariel, de 125.000 personnes, surnommés les "marielitos".

Durant les années 80 et 90, un flot ininterrompu de petites embarcations et de vedettes de contrebandiers continue d'amener des Cubains sur les côtes américaines.

La désintégration de l'Union soviétique plonge Cuba dans la crise économique et accélère le départ de milliers de Cubains. Durant quatre semaines en 1994, plus de 36.000 "balseros" se jettent à l'eau dans des radeaux improvisés.

"Les dernières vagues ont été constituées d'exilés qui sont devenus des opposants de Castro pour des raisons économiques plus que politiques", explique Max Lesnik, un exilé cubain qui dirige une organisation opposée à l'embargo américain.

Malgré des accords migratoires passés entre les Etats-Unis et Cuba et une présence accrue de gardes-côtes, des milliers de Cubains continuent de quitter l'île par la mer mais aussi les airs, grâce à des réseaux de trafic d'êtres humains.

Certains ont fait preuve d'une créativité inusitée pour traverser le détroit de Floride: en 2003, douze Cubains ont transformé un camion Chevrolet en embarcation amphibie capable d'avancer sur les eaux avec un système de tanks, de moteurs et d'hélice, à 12 km/h.

Interceptés par les gardes-côtes américains, ils ont été remis aux autorités cubaines.

Malgré les années de séparation, les liens entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés ne sont pas coupés. Teresa Areces, qui vit à Miami, n'a pas revu son frère depuis 45 ans mais elle lui parle au téléphone et lui envoie de l'argent. "Je lui dis que j'espère que nous nous reverrons avant d'être cloués sur un fauteuil roulant".

Le frère et la soeur de Gisela Sedes restés dans l'île sont morts de vieillesse à Cuba, sans qu'elle ait pu les revoir. "C'est triste d'appeler la famille, dit-elle, les gens là-bas n'ont pas de travail et rien à manger et disent qu'ils souffrent".

Loius Del Sol, 32 ans, se veut optimiste pour l'avenir. Il envoie 250 dollars par mois à sa famille dans l'île et téléphone à son demi-frère toutes les semaines.

"Il me dit +un jour nous gagnerons la loterie+" pour évoquer la fin de Fidel Castro, raconte-t-il. L'annonce mardi par le vieux leader cubain de son retrait du pouvoir est un jour de joie. "Ma famille à Cuba ne pourra pas célébrer dans les rues comme nous le faisons ici, mais ils sont tous en train de célébrer dans leur coeur", affirme-t-il.
 

Première publication : 21/02/2008

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