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L'opposition pakistanaise se concerte

Dernière modification : 21/02/2008

Le mari de la défunte politicienne Benazir Bhutto rencontre l'opposant Nawaz Sharif pour discuter de la formation d'une coalition. La police a réprimé une manifestation d'avocats et de magistrats. (Récit E. Giroud)

Le pouvoir du président pakistanais Pervez Musharraf est "inconstitutionnel et illégal", a répété jeudi l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif dont le parti est l'un des deux vainqueurs des législatives de lundi.
   
Cette déclaration, au milieu d'une manifestation à Islamabad d'avocats et de magistrats réclamant le départ du chef de l'Etat, intervient à une heure d'une rencontre cruciale entre M. Sharif et Asif Ali Zardari, leader du parti de la défunte Benazir Bhutto, arrivé en tête du scrutin, pour tenter de former un gouvernement de coalition contre M. Musharraf, lequel veut rester à son poste.
   
"Il est de votre devoir de faire respecter la loi et de ne pas vous soumettre aux ordres de Pervez Musharraf, dont la présidence est illégale et inconstitutionnelle", a lancé M. Sharif aux manifestants qui se sont ensuite dispersés dans le calme.
   
Quelques heures plus tôt, environ 2.000 avocats et magistrats avaient manifesté aux cris de "Musharraf dehors!" et "Rétablis l'indépendance de la justice", à Lahore, dans l'est du Pakistan.
   
Dans la mégalopole méridionale de Karachi, neuf avocats ont été arrêtés.
   
Les juristes, à la pointe du mouvement de contestation du pouvoir de M. Musharraf, manifestaient comme presque tous les jeudi depuis un peu moins d'un an. Ils protestaient une nouvelle fois jeudi contre le limogeage fin 2007 par le chef de l'Etat des juges de la Cour suprême, qui lui étaient hostiles.
   
M. Musharraf avait mis un terme aux fonctions du président de cette plus haute juridiction, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry, le 3 novembre en imposant l'état d'urgence.
   
Le magistrat est toujours assigné à résidence à Islamabad.
   
"La victoire est proche dorénavant et nous allons bientôt atteindre notre objectif en obtenant une justice indépendante", a déclaré le juge Chaudhry, s'adressant par téléphone aux avocats réunis à Karachi et à Lahore.
   
Le magistrat est une icône de l'opposition à M. Musharraf depuis mars 2007, quand le président l'avait suspendu une première fois, en l'accusant d'abus de pouvoir et de népotisme notamment, avant qu'il ne soit rétabli dans ses fonctions le 20 juillet.
   
La Cour suprême s'apprêtait à l'époque à se prononcer sur l'éligibilité du chef de l'Etat et la légalité de sa réélection le 6 octobre par un Parlement qui lui était tout acquis.
   
"Le peuple scande depuis des mois +Musharraf dehors!+ et il est temps pour lui de s'en aller", a lancé M. Sharif qui a dit vouloir "débarrasser le Pakistan de la dictature".
   
"La situation au Pakistan a complètement changé et le peuple a rendu son verdict contre Musharraf et sa politique", a-t-il martelé devant la foule.

Première publication : 21/02/2008

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