Vendredi 29 août 2008

ARCHIPEL DES COMORES

La France et les Comores, une longue histoire

Vendredi 22 février 2008

Le gouvernement comorien s’apprête à mener une opération militaire contre l'île d'Anjouan afin de renverser son dirigeant, Mohamed Bacar. Retour sur le passé mouvementé de l’archipel.

Vendredi 22 février 2008


Anjouan, l’une des trois îles de l’Union des Comores, attend l’assaut des troupes gouvernementales.

 

Après avoir obtenu le soutien de la France et de l’Union africaine (UA) mercredi, le gouvernement fédéral du président Ahmed Abdallah Sambi s’apprête à envahir l’île rebelle pour renverser son dirigeant, Mohamed Bacar.

 

Alors que le gouvernement masse troupes et matériel dans l’île de Mohéli, voisine d’Anjouan, une mission de l’UA est attendue auprès de Bacar pour lui signifier un ultimatum formel.

 

La France a de son côté offert un appui logistique pour permettre aux troupes de l’UA de rejoindre les Comores, mais elle ne participera pas directement au débarquement.

 

"Nous confirmons la disponibilité de la France à fournir un appui aux troupes tanzaniennes et sénégalaises pour leur transport jusqu’aux Comores, c’est-à-dire jusqu’à l’île de Grande Comore ou celle de Mohéli, mais pas à Anjouan", a déclaré jeudi à l’AFP la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani.

 

 

Terrain de lutte entre mercenaires et militaires français

 

L’opération serait la troisième intervention de la France auprès de son ancienne colonie de l’Océan Indien en 18 ans, s’ajoutant aux ingérences répétées de mercenaires français depuis l’indépendance des Comores.

 

Des quatre îles formant l’archipel, trois (Anjouan, Mohéli et Grande-Comore, où se trouve la capitale actuelle Moroni) se sont prononcées pour l’indépendance par référendum en 1975, Mayotte choisissant de rester sous souveraineté française.

 

Bob Denard, un mercenaire français, fait alors irruption dans l’histoire des Comores. Embauché par l’opposant Ali Soilih, il renverse avec ses hommes le président Ahmed Abdallah en 1975. Réfugié en France, Abdallah l’engage trois ans plus tard pour reprendre le pouvoir.

 

"Jusqu’à la fin des années 1980, les mercenaires ont assuré le pouvoir d’Abdallah avec non pas le feu vert, mais le feu orange de la France et le financement de l’Afrique du Sud", explique Michel Klen, ancien officier de renseignement militaire français en Afrique et auteur de l’ouvrage L’Odysée des mercenaires, à paraître en juillet 2008.

 

L’armée française intervient une première fois en 1991 pour chasser les mercenaires, puis bloque leur nouvelle tentative de coup d’Etat en 1995.

 

Outre les interventions extérieures, Michel Klen explique que les Comores souffrent depuis toujours de rivalités entre différents chefs de clan, ce qui leur vaut le surnom d’"archipel des sultans batailleurs".

 

Les séparatistes d’Anjouan manifestent ainsi bruyamment en 1997, affirmant leur volonté de rattacher l’île à la France. Les manifestants qui défilent alors, drapeaux français et portraits de Jacques Chirac en main, mettent Paris dans l’embarras. "Il serait impensable de recoloniser les Comores", rappelle Michel Klen.

 

 

"Nous avons quatre présidents"

 

Aujourd’hui, le régime anjouanais de Mohamed Bacar ne demande plus le rattachement à la France mais affirme son détachement du pouvoir de Moroni, qui bénéficie désormais du soutien de Paris.

 

Pour Maalesh, chanteur populaire "comorien et fier de l’être", le peuple est lassé des divisions dont les origines semblent le plus souvent obscures. "L’Union n’a jamais eu l’autorité de contrôler quoi que ce soit à Anjouan, affirme-t-il. Nous avons une constitution votée par à peine 35 % des Comoriens qui fait que nous avons maintenant quatre présidents".

 

Comparant les atermoiements de la communauté internationale vis-à-vis des Comores à la situation au Kosovo, il lance, désabusé : "Les Comoriens de la rue pensent que la France divise pour mieux régner".
 


  • 22/02/2008 09:40:01 Signaler un abus

    "Les Comoriens pensent que la France divise pour mieux règner"

    Ca n'est pas impossible, hélas.
    D'un autre côté, il semblerait que les Comoriens n'aient pas besoin de la France pour être divisés.

    Encore un pays enfoncé dans des luttes fratricides avec des camps ni vraiment ennemis ni vraiment amis.

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