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Google et le boom des bibliothèques numériques

Dernière modification : 29/02/2008

Google est de nouveau sous le feu des projecteurs, cette fois dans la bataille des bibliothèques numériques. 28 bibliothèques ont signé des partenariats avec Google, qui s'attaque aux livres francophones.

Adieu Gutenberg, bonjour le numérique ? L’omniprésence de l'Internet, le développement de nouveaux terminaux comme par exemple l’iPhone…conduisent à proposer au public une plus grande ouverture sur le livre.

Un des premiers acteurs à se lancer sur ce marché : Google ! Le géant américain a mis en œuvre dès 2005 un projet de numérisation de livres par le biais d’accords signés avec des bibliothèques.

Deux cas de figures existent. Les livres du domaine public (libres de droits) intégralement consultables sur Internet. Deuxième cas : les livres protégés par des droits d’auteurs. Pour ce dernier type d’ouvrages, l’internaute n’a accès qu’à de très brefs extraits. Au total, 27 bibliothèques ont déjà signé un partenariat avec Google. 21 Américaines dont parmi elles, certaines très prestigieuses : Oxford, Harvard... Une bibliothèque japonaise… Et six bibliothèques européennes dont deux francophones : la bibliothèque de Gand en Belgique et celle de Lausanne en Suisse où notre équipe s’est rendue.


Quelle est la politique de Google ? C’est avant tout une politique quantitative. "Google ne fait aucune sélection qualitative, aucun choix des livres qui sont scannés. C’est une logique de masse", nous explique Silvio Corsini, conservateur de la réserve précieuse à la bibliothèque de Lausanne. Résultat, aujourd’hui plus d’un million d’ouvrages sont accessibles sur le programme Google recherche livres. Objectif à terme du géant de l’Internet : constituer la plus grande bibliothèque virtuelle du monde !


Ce programme ne plaît pas à tous les éditeurs. Ils reprochent en effet au géant de l’Internet de pirater, au travers de partenariats avec les bibliothèques, des livres sous droits. C’est Hachette qui s’exprime dans notre reportage. La BNF (Bibliothèque nationale de France) opte pour une démarche différente et décide d’obtenir l’aval des maisons d’éditions.


Rappel des faits. Fin 2007, la BNF se lance dans l’aventure de la numérisation. Son objectif ? Numériser 100 000 ouvrages par an. Pour ce programme, la BNF conclut un accord avec le SNE (Syndicat National de l’Edition) sur le choix du modèle économique et juridique des ouvrages soumis aux droits d’auteurs. Aujourd’hui, elle dispose donc d’une plateforme commerciale pour les livres sous droits.


Autre problème, la clause d’exclusivité exigée par Google. Sur notre plateau, François Bourdoncle, co-fondateur d’Exalead, un moteur de recherche concurrent de Google. "Que Google demande l’exclusivité me semble totalement abusif", regrette-t-il. C’est d’ailleurs sur ce point que résident les principales craintes de ce programme. La BNF a refusé cette clause d’exclusivité. "Lorsqu’un livre est numérisé, lorsque nous le mettons en ligne, il se retrouve accessible à tous les moteurs de recherche", souligne Arnaud Beaufort, directeur des services et réseaux de la BNF.


Au-delà des questions de droits d’auteurs et de clauses d’exclusivité, la principale inconnue réside dans les techniques qui permettront cette numérisation en masse. Un pari d’autant plus difficile que les ouvrages sont souvent fragiles. Direction Chartres, dans le centre de la France. Dotée d’une technologie de pointe, Safig s’occupe de la numérisation des livres pour la BNF. Un contrat d’environ 25 millions d’euros. En France, aujourd’hui, on assiste donc à l’émergence d’une nouvelle technologie, celle de la numérisation de masse.


L’ère du tout numérique sonne-t-il donc la fin du livre imprimé ? Avec "l’initiative de Google, le passage des bibliothèques à l’ère numérique se trouvent accélérer", précise Bruno Racine, le président de la BNF …et d’ajouter : "les cultures qui ne s’adapteront pas se trouveront marginalisées." Prochaine étape pour la BNF ? La bibliothèque numérique européenne. Le projet commence à prendre forme. Rendez-vous donc, normalement, au deuxième semestre 2008, pour ce qui pourrait être le plus sérieux concurrent de Google.
 

Première publication : 23/02/2008