Dernière modification : 24/02/2008 

L'équipe Clinton lutte contre le désarroi
L'équipe Clinton lutte contre le désarroi
Le camp Clinton livre bataille contre l'impression de désarroi donnée par une série de défaites dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle.

"Elle sait où on va, c'est assez clair qu'elle a une grosse décision (à prendre) - mais c'est écrasant, c'est encore dur à accepter": cette confidence d'un conseiller anonyme de Hillary Clinton au Washington Post de samedi donnait l'image d'un combat perdu d'avance pour l'ancienne Première dame.
   
Selon ce conseiller, "la réalité mathématique est devenue impossible à ignorer" après la lourde défaite essuyée mardi dans le Wisconsin face à son rival Barack Obama, qui après avoir fait jeu égal pendant le premier mois de consultations primaires a aligné onze victoires d'affilée en dix jours.
   
Le directeur de communication de Mme Clinton, Howard Wolfson, a vivement réagi, dénonçant un article "absurde". "L'humeur est bonne. Mme Clinton travaille dur tous les jours pour de bons résultats au Texas et en Ohio et pour obtenir l'investiture", a-t-il dit à des journalistes lors d'une téléconférence.
   
Reste que Mme Clinton, qui il y a quelques mois semblait la candidate naturelle des démocrates pour succéder au républicain George W. Bush en janvier, accuse désormais un net retard dans la course aux délégués, ces élus officiellement chargés de désigner le candidat du parti lors de la convention de Denver (Colorado, ouest) en août.
   
Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama a le soutien de 1.374 délégués, contre 1.275 pour Mme Clinton. Il en faut 2.025 pour s'assurer de l'investiture.
   
L'équipe Obama et plusieurs analystes estiment que seules des victoires écrasantes aux prochaines primaires pourraient permettre à Mme Clinton de combler ce retard.
   
Les prochains scrutins se dérouleront le 4 mars dans le Vermont et le Rhode Island, deux petits Etats du nord-est, mais surtout dans les grands Ohio (nord, 141 délégués) et Texas (sud, 193 délégués).
   
Un sondage publié jeudi a montré que les deux démocrates étaient virtuellement à égalité au Texas (48% d'intentions de vote pour elle, 47% pour lui), en dépit de la forte minorité hispanique théoriquement plutôt favorable à Mme Clinton, tandis que l'avance de Mme Clinton se réduit en Ohio (50% contre 43%).
   
Samedi, M. Obama a renoncé à participer à un forum sur les problèmes touchant les Noirs au niveau national pour faire campagne en Ohio, où il insiste sur un message censé faire mouche auprès de l'électorat ouvrier, condamnant notamment l'Alena (Accord de libre-échange nord-américain) entré en vigueur sous la présidence de Bill Clinton en 1994.
   
Mme Clinton, elle, qui en moins d'un an a vu son soutien dans la communauté noire s'effondrer autour de 20%, avait prévu de s'adresser à cette réunion organisée à La Nouvelle-Orléans, après deux étapes dans l'Ohio.
   
Côté républicain, John McCain, 71 ans, apparemment assuré de remporter l'investiture (il compte déjà 976 délégués, bien au-delà des 245 de son concurrent encore en lice Mike Huckabee, et non loin du seuil décisif de 1.191 délégués) reste en butte à des interrogations sur ses relations avec une jeune lobbyiste.
   
Après avoir démenti jeudi des allégations du New York Times lui prêtant des relations non professionnelle avec une lobbyiste plus jeune que lui d'une trentaine d'années, M. McCain a refusé vendredi de faire durer la controverse en répondant à de nouvelles questions.
   
L'affaire a cependant rebondi samedi, avec la révélation dans Newsweek, le Washington Post et le New York Times de contradictions dans les déclarations de M. McCain et son entourage sur ses contacts avec deux sociétés de communication clientes de la lobbyiste Vicki Iseman, Glencairn et Paxson.
 

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