Dernière modification : 24/02/2008 

- Chypre


Les Chypriotes grecs élisent leur président
Le second tour de la présidentielle à Chypre oppose le conservateur Ioannis Kasoulides (à droite sur la photo) et le communiste Demetris Christofias, ce dernier étant donné favori par les sondages.(Récit : B. Fallevoz)

NICOSIE, 24 février (Reuters) - La partie grecque de Chypre
se rend aux urnes dimanche pour élire son président, dans un
contexte classique d'affrontement gauche-droite qui oppose deux
modérés, ce qui renforce l'espoir d'un règlement de la question
de l'île divisée depuis 1974.

 

Dimanche dernier, le premier tour avait en effet été marqué
par l'élimination surprise du président sortant, Tassos
Papadopoulos, qui avait incité les Chypriotes grecs à rejeter un
plan de paix, en 2004.

 

Les deux finalistes, le communiste Demetris Christofias, 62
ans, et le candidat de droite Ioannis Kassoulides, 59 ans,
affichent une approche plus conciliante envers les Chypriotes
turcs et ont promis d'oeuvrer à une sortie de l'impasse, qui est
aussi source de tensions avec la Grèce et la Turquie, alliés au
sein de l'Otan.

 

Christofias a dores et déjà annoncé qu'il souhaitait
l'ouverture de négociations sous l'égide des Nations unies avec
la partie turque de l'île.

 

"Ni monsieur Kassoulides ni moi n'avons de formule magique
pour sortir de l'impasse", a déclaré Christofias lors d'un débat
télévisé organisé vendredi, "mais j'ai la volonté d'aller de
l'avant et de trouver un accord. C'est une nécessité absolue."

 

Kassoulides, ancien ministre des Affaires étrangères, a
quant à lui fait valoir son expérience des relations
internationales pour parvenir à un accord avec le nord de l'île.

 

"Je vais essayer d'organiser une rencontre avec Mehmet Ali
Talat (le dirigeant de la partie turque) dès lundi si je suis
élu", a-t-il promis.

 

 

RELANCE DES PLANS DE PAIX

 

Divisée depuis l'invasion du nord du territoire par les
forces turques, en 1974, en réaction à un bref coup d'Etat
inspiré par la Grèce, l'île risque de s'acheminer, en l'absence
d'accord, vers une partition définitive, estime-t-on dans les
milieux diplomatiques.

 

Et à défaut de règlement, les Chypriotes grecs, qui
représentent maintenant l'île au sein de l'Union européenne,
n'accepteront jamais que la Turquie adhère à l'UE.

 

Les médiateurs devraient relancer leurs efforts cette année,
pour la première fois depuis le rejet par les Chypriotes grecs,
sous la conduite de Papadopoulos, d'un plan de paix proposé par
l'Onu en 2004. Les Chypriotes turcs avaient voté en faveur de ce
plan.

 

Christofias a constitué un élément clef de l'alliance
tripartite de Papadopoulos élue en 2003 et il a soutenu son
rejet du plan de l'Onu. Il s'en est retiré l'an dernier en
dénonçant la tactique de négociation du président.

 

"Nous pouvons parler un langage commun avec nos compatriotes
chypriotes turcs", a déclaré Christofias à ses partisans à
Limassol.

 

Kassoulides a soutenu le plan de l'Onu, mais il dit
comprendre qu'il ne peut être réactivé.

 

"Il nous faut aller de l'avant sur la question chypriote
pour dresser une ligne commune et ouvrir les canaux de
communication avec les Chypriotes turcs", a-t-il dit lors d'un
rassemblement à Nicosie.

 

En cas de victoire, Christofias deviendrait le premier
communiste à diriger Chypre et il devra démissionner de la
direction de son parti.
 

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