- Cuba - Fidel Castro - Raul Castro
Cuba se préparait dimanche à tourner une page spectaculaire de son histoire avec la désignation attendue du successeur de Fidel Castro, son frère Raul figurant en favori, pour une présidence gardienne de l'héritage, mais décidée à faire évoluer l'île communiste.
Historique, la première séance de la nouvelle Assemblée cubaine, élue le 20 janvier, va entériner le choix du fondateur du régime, qui, à 81 ans, invoquant sa santé défaillante, a renoncé mardi à briguer un nouveau mandat, après 49 ans de pouvoir sans partage.
Les Cubains, dont sept sur 10 n'ont connu d'autre président que Fidel Castro, ont guetté en vain samedi un signal, le journal télévisé du soir ne faisant aucune allusion à la journée décisive du lendemain.
Pour la plupart, Raul Castro, 76 ans, qui assure déjà depuis juillet 2006 l'interim à la tête du pays, fait figure de grand favori.
Homme de la continuité, ministre de la Défense depuis 1959, le général cubain se veut aussi l'homme des "petit pas", entendant répondre ainsi à l'imposante liste des problèmes légués par la gestion de son frère, sources d'impatience croissante dans la population.
"Indubitablement, il est le camarade qui a la plus grande autorité après moi et la meilleure expérience. Aussi possède-t-il toutes les qualités pour me succéder", a dit de lui Fidel Castro dès 2001.
Célèbre pour ses diatribes enflammées devant les foules, avec son éternel uniforme vert olive, sa barbe et ses cigares, Fidel Castro a symbolisé le guérillero victorieux durant la guerre froide, avant de s'aliéner nombre de sympathies internationales pour son refus d'assouplir son régime.
Dans son message de départ, il a annoncé qu'il se faisait désormais le "soldat des idées", depuis sa suite d'un hôpital de La Havane où il peine à se rétablir d'une grave hémorragie intestinale survenue il y a 19 mois.
Samedi, reprenant la plume pour une ample revue de presse sur son renoncement, il a qualifié au passage de "poubelle" l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA).
La veille, il raillait les réactions: "Changement ! Changement ! Changement ! crient-ils à l'unisson. Je suis d'accord: changement ! Mais aux Etats-Unis", ajoutait-il
Les pays occidentaux, Washington en tête, attendent du nouveau président cubain qu'il démocratise un régime communiste monolithique, en commençant par la libération des quelque 240 prisonniers politiques.
L'hermétisme de la direction cubaine -seul le "lider maximo" assurait la communication du régime- n'a rien laissé filtré des préparatifs d'une succession vraisemblablement réglée au millimètre par les deux frères.
Dimanche, la seule surprise viendrait de la désignation d'un outsider, le nom du vice-président Carlos Lage, 56 ans, médecin de formation et "Premier ministre" de facto, étant le plus cité parmi la génération "intermédiaire".
La plupart voient plutôt en lui un probable numéro deux, avec le titre de Premier vice-président du Conseil d'Etat, remplaçant Raul Castro en cas de décès, maladie ou absence.
Soumise à un sévère embargo économique des Etats-Unis et aux critiques occidentales pour ses atteintes aux droits de l'Homme, Cuba continue de jouir d'un certain prestige aux yeux de nombre de pays en développement et des quatre autres derniers Etats communistes: Chine, Vietnam, Corée du Nord et Laos.
Tandis que le mot de "réforme" reste banni du langage officiel, Raul Castro a annoncé l'été dernier des "changements structurels et de conception", tout en prévenant que "rien de spectaculaire" n'était en préparation.
Secret, à l'opposé des flamboyances de son aîné, Raul Castro sait être concis et concret, un changement de style apprécié des Cubains.
Isolée, la dissidence est partagée entre l'espoir d'un assouplissement et sa méfiance envers Raul Castro, qui a la haute main sur la puissante police politique.






























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