25 février 2008 - 22H44

Attentat meurtrier contre Bhutto
Plus de 130 personnes ont péri dans un attentat contre le convoi de Benazir Bhutto, de retour après 8 ans d'exils. L'attentat a eu lien alors que 250 000 personnes fêtaient son retour dans les rues de Karachi. (Récit : M. Amellal)
L'opposante pakistanaise est-elle courageuse ou provocatrice ? Le gouvernement Musharraf a-t-il raison de condamner l'apparition publique de Benazir Bhutto ? Qui blâmer pour ces attentats? Envoyez-nous vos réactions en cliquant sur 'Réagir', puis regardez Le Débat de FRANCE 24 à 19h10 (GMT+1). Il se peut que nous utilisions votre réaction à l'antenne.
Au moins 130 personnes ont été tuées et 375 blessées dans un attentat à Karachi contre le convoi de Benazir Bhutto, de retour au Pakistan après 8 ans d'exil.
 
L’attaque, l’une des plus meurtrières dans l’histoire du pays, a eu lieu alors qu'environ 250 000 personnes célébraient dans les rues de Karachi le retour de Benazir Bhutto après 8 ans d’exil. Elle s’est engagée à mener son pays vers plus de démocratie.
 
Selon le correspondant de FRANCE 24 à Karachi Graham Usher le gouvernement pakistanais pourrait déclarer l’état d’urgence si de nouvelles attaques étaient perpétrées. Les élections pourraient alors être reportées d’un an.
 
Des motivations politiques ?
 
L’attaque contre Bhutto n’a pas été revendiquée. En début de semaine, des activistes liés au réseau Al Qaida avaient menacé de l’assassiner en réaction à son soutien à la guerre contre le terrorisme.
 
« Bhutto s’est liée à Musharraf et a ouvertement déclaré que Al Qaida représentait une menace non seulement pour la stabilité du monde, mais aussi pour le Pakistan », a déclaré sur FRANCE 24 Lajam Fethi, rédacteur en chef du quotidien pakistanais Daily Times. « Bhutto a rejoint la guerre contre le terrorisme, et Al Qaida a répondu à cela en disant qu’il l’accueillerait avec des attentats suicides ».
« Bhutto connaissait les risques, mais elle estimait que le danger venait surtout d’éléments au sein des services secrets pakistanais qui entretiennent des liens avec Al Qaida, les jihadistes et des islamistes radicaux », a ajouté Lajam Fethi.
 
En effet, Bhutto avait déclaré qu’elle craignait que d’anciens officiers de l’armée tentent de l’assassiner à son retour. Son époux Asif Ali Zardari a d'ailleurs accusé un service de renseignement d’être responsable de l’attentat de jeudi.
 
« Nous accusons une agence des services de renseignement et nous exigeons que des mesures soient prises à son encontre. L'attaque n’est pas l’œuvre des activistes mais des services secrets », a aussi déclaré Asif Ali Zardari sur la chaine de télévision pakistanaise privée ARY ONE.
 
Musharraf parle d’ « un complot contre la démocratie »
 
De son côté, le président pakistanais a condamné cette attaque, estimant qu'il s'agissait d'un « complot contre la démocratie » et appelle les Pakistanais au calme. Le dirigeant, qui a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d'Etat, a assuré que les personnes responsables de l’attaque seraient retrouvées et sévèrement sanctionnées. Il a demandé au gouvernement de la province de Sindh d'ouvrir une enquête.

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