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Le Philharmonique de New York à Pyongyang

Dernière modification : 27/02/2008

L'Orchestre philharmonique de New York a donné un concert en Corée du Nord. Un événement sans précédent. Analyse de Lucas Menget à Pyongyang et de Philippe Bolopion à New York. (Récit : J. Fanciulli)

 

Un silence feutré s'installe dans l'imposant Grand Théâtre de Pyongyang, en Corée du Nord. Les 106 musiciens de l'Orchestre philarmonique de New York prennent leurs instruments en main et ouvrent un concert historique qui touche à la diplomatie culturelle.

 

Alors que les premières notes de musique remplissent la salle comble de 1 500 places, le public se lève. Il a reconnu l'ouverture du "Chant patriotique", l'hymne national nord-coréen, suivi de "Star-Spangled Banner", celui des Etats-Unis.

 

L'improbable enchaînement laisse les spectateurs bouche bée. Alors que les caméras du monde entier filment les musiciens sur fond de bannière étoilée, l'orchestre achève cette première séquence par le dernier vers de l'hymne américain : "le pays de la liberté".

 

Le président américain George W. Bush a inclus la Corée du Nord dans son "axe du mal". Sa secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, se trouve à Pékin où elle demande avec insistance à la Chine de faire pression sur la Corée du Nord pour qu'elle rende publics les détails de son programme nucléaire.

 

La Corée du Nord et les Etats-Unis sont donc loin d'être à l'unisson depuis plus de 50 ans. Mais pour quelques heures, dans le Grand Théâtre de Pyongyang, l'harmonie règne.

 

L'envoyé spécial de France 24 à Pyongyang, Lucas Menget, explique que la portée symbolique du spectacle de mardi est énorme.

 

"Le concert est diffusé en direct à 18 heures en Corée, à la télévision et à la radio", dit-il quelques instants avant le début de la représentation. "C'est un événement historique important pour les Nord-Coréens."

 

Ouverture aux journalistes

 

Sous la baguette de son directeur musical, Lorin Maazel, l'Orchestre philarmonique de New York interprète notamment des œuvres de Richard Wagner, Antonin Dvorak et George Gershwin.

 

Alors qu'elles imposent normalement des règles de sécurité proches de la paranoïa, les autorités nord-coréennes ont autorisé de nombreux journalistes étrangers à pénétrer dans le pays. Ils ont accès illimité à Internet et à des lignes de téléphone internationales.

 

Lucas Menget a pu rendre compte du concert en direct de Pyongyang, mais pas faire de reportages sur les effets du concert sur les Nord-Coréens ordinaires. "Il est impossible de connaître la réaction des gens de la rue, dit-il. On ne peut pas leur parler. La Corée du Nord est soumise à un tel niveau de surveillance qu'il est impensable de sortir dans la rue pour parler aux gens."

 

L'impact officiel du concert sur les relations américano-nord-coréennes reste limité. "L'initiative politique et diplomatique s'arrête officiellement à un événement musical, note Lucas Menget. Aucune rencontre officielle n'est prévue à cette occasion. Condoleezza Rice ne viendra pas ici et il n'y a aucune chance que le leader nord-coréen Kim Jong-il soit présent." Kim n'a en effet pas assisté au concert.

 

Bien que le concert, comme la plupart des échanges culturels, ne constitue pas une étape concrète vers la paix, il pourrait toutefois jouer un rôle dans l'amélioration de la compréhension mutuelle entre les deux pays.

 

Les observateurs établissent un parallèle entre le concert de mardi et des représentations d'orchestres américains en Union soviétique dans les années 1950, ainsi qu'avec la visite marquante de joueurs de ping-pong chinois aux Etats-Unis en 1971.

 

"Les représentants de l'orchestre disent que cela pourrait être une première étape, dit Lucas Menget. A l'image de la diplomatie du ping-pong entre la Chine et les Etats-Unis dans les années 1970, il pourrait y avoir une diplomatie musicale entre les deux pays."

 

 

 

 

Première publication : 26/02/2008

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