Dernière modification : 28/02/2008 

- Agriculture - Nicolas Sarkozy


Le mea culpa de Nicolas Sarkozy
Le mea culpa de Nicolas Sarkozy
"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", explique Nicolas Sarkozy au Parisien, le lendemain de l'affaire du Salon de l'agriculture. En fait, la phrase a été ajoutée après relecture. Analyse des relations entre l'Elysée et la presse.

 

La polémique sur le "casse-toi pauvre con" lancé par Nicolas Sarkozy à un visiteur du Salon de l’agriculture est à peine retombée qu’un nouveau faux-pas de l’Elysée agite les médias. Le quotidien Le Parisien a reconnu mercredi que l’interview du président publiée la veille n’avait pas seulement été relue, mais que son contenu avait été modifié par son service de presse.

 

 

Ce nouvel empiètement de la présidence sur la pratique journalistique fait couler l’encre de la profession. "À Moscou, on faisait disparaître des photos officielles les personnalités tombées en disgrâce, à l'Élysée, on réécrit les interviews accordées par le président de la République", s’insurge L’Humanité dans son édition de mercredi.

 

Dans l’interview, le président justifiait son débordement en expliquant que "ce n’est pas parce qu’on est président qu’on devient d’un coup quelqu’un sur qui on peut s’essuyer les pieds." L’Elysée a cru bon d’ajouter la phrase : "au Salon, j’aurais mieux fait de ne pas répondre", modifiant significativement le ton de sa réponse initiale. "Il pourrait bien s’agir d’une tentative désespérée du conseiller de presse pour limiter les dégâts une deuxième fois après ce qui s’était passé au Salon de l’agriculture", s’amuse Christopher Dickey, chef du bureau du magazine Newsweek, à Paris.

 

Le problème vient surtout de ce que la rédaction du Parisien, arguant du caractère informatif de la formule, l’a conservée sans préciser qu’il s’agissait d’un ajout. "C’était maladroit", dit Stefan Simons, correspondant à Paris pour l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Ce n’est pas le principe de la relecture qui pose problème, mais "la façon dont l’interview a été faite qui n’est pas normale. Au Spiegel, les chefs d’Etat ont toujours la possibilité de relire et de corriger les interviews avant publication", ajoute-t-il.

 

"Contrairement au Parisien, un journal américain aurait dit "voici ce que le président Sarkozy a dit" et "le service de presse a appelé pour ajouter une clarification", explique Christopher Dickey. Au contraire, il est rare dans la presse américaine que les personnes interviewées soient autorisées à relire le texte de l’entretien. Et encore moins qu’ils puissent modifier le texte.

 

Il manque en France, où action politique et journalisme sont historiquement liés, une certaine formalisation des relations presse-source, explique Jean-Marie Charon, auteur de Les journalistes et leur public, le grand malentendu. "On est également passé d’une pratique où on pouvait dire "nous ne donnons pas le texte à relire" à un phénomène d’acceptation de la relecture, dans un premier temps pour reprendre les contresens, à une pratique aujourd’hui qui revient à accepter la réécriture", dit-il.

 

Pourtant les différences entre une tradition anglo-saxonne très attachée à l’indépendance du journaliste vis-à-vis de la classe politique et le côté un peu incestueux de la pratique française ont tendance à s’atténuer. En Europe comme aux Etats-Unis, la communication, en particulier politique, s’est formalisée et professionnalisée.

 

"Les hommes politiques ont compris depuis une vingtaine d’années qu’un des moyens de contrôler la presse était d’en contrôler l’accès aux sources", explique Christopher Dickey. "Tout journaliste qui couvre l’Elysée ou la Maison Blanche sait qu’au-delà d’une certaine limite, il risque de perdre son accès au pouvoir". Avec l’explosion du nombre de médias et la dilution de leur influence, s’appeler Le Monde ou le New York Times n’offre plus la garantie que l’accès ne sera pas refusé en cas de couverture négative.

 

Les journalistes ne manquent d’ailleurs pas de souligner le paradoxe entre la personnalité publique d’un président qui passe son temps à dire qu’il "dit les choses comme il pense" et le contrôle exercé par son entourage pour tout ce qui touche à l’Elysée. "Tout le monde fait extrêmement attention à ce qui est dit et pour les journalistes, le seuil de l’Elysée est aussi haut que la muraille de Chine !", note Stefan Simons. Une ascension pour laquelle Le Parisien était prêt à payer le prix fort.

Commentaires (2)

Bof

A force d'à force, les journaleux commencent à passer pour des billes.
C'est quoi le prochain scoop ?
C'est quoi la prochaine polémique ?
Marion Cotillard ?
Vivement le prochain sondage, tous les records seront battus parcequ'à force de perdre 30 points tous les 2 jours, c'est à dire tous les 10 sondages du matin, du soir, et de la nuit Sarko sera bientôt à -12.
Bof

Blablabla....

Que de Blabla pour une phrase qui a, de toute manière, été prononcée et qui dénote un état d'esprit au moins aussi élévé que celui qui l'a provoquée !!!

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