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Visite éclair de Sarkozy au Tchad

Dernière modification : 27/02/2008

Nicolas Sarkozy effectue mercredi une brève visite au Tchad. Plusieurs ONG de défense des droits de l'homme lui ont demandé de mentionner le sort des opposants tchadiens disparus. (Récit : L. Cuvillier)

PARIS, 27 février (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy, en route pour l'Afrique du Sud, fait une brève escale controversée mercredi à N'Djamena, où le doute subsiste sur le sort de deux opposants arrêtés par les autorités et portés disparus depuis l'attaque ratée des rebelles début février.
   
Dans un premier temps, Paris avait émis comme condition à une telle visite que la lumière soit faite sur la disparition de ces deux personnalités, arrêtées le 3 février à l'issue de l'attaque rebelle contre N'Djamena, repoussée in extremis par le président tchadien Idriss Deby Itno avec le soutien de la France.
   
Il s'agit du député fédéraliste Ngarlejy Yorongar, opposant irréductible depuis que le président Deby a pris le pouvoir par les armes en 1990, et d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, l'un des principaux porte-parole de l'opposition.
   
Ces personnalités avaient été enlevées, selon les témoignages recueillis par l'AFP et des organisations internationales des droits de l'Homme, par les services de sécurité tchadiens, ce que dément N'Djamena.
   
Le gouvernement tchadien affirme ignorer le sort de M. Ibni, tandis qu'il déclare désormais que M. Yorongar est "vivant" et qu'il se cache à N'Djamena d'où il pourrait s'exprimer mercredi.
   
Mais cette version, relayée par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a été une nouvelle fois démentie mercredi par son entourage. Quant à la famille de M. Ibni, elle dit tout ignorer du sort de l'opposant et exprime ses "plus vives inquiétudes".
   
L'Elysée a d'ailleurs bien affirmé que l'objectif de cette visite était de plaider auprès de N'Djamena pour une "accélération" du processus démocratique et pour que "toute la lumière" soit faite "sur le sort des deux opposants" - une position au diapason avec celle du commissaire européen au Développement Louis Michel, qui accompagne Nicolas Sarkozy dans son voyage.
   
Le chef de l'Etat français devrait notamment soumettre au président Deby l'idée d'une "commission d'enquête crédible" sur les disparitions.
   
Avant de partir, le président Sarkozy a reçu mercredi six organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont manifesté leur inquiétude voire, à l'instar d'Amnesty International, accusé Paris de cacher des informations sur le sort des opposants.
   
A l'issue de cette réunion, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a critiqué le "soutien aveugle" apporté par Nicolas Sarkozy à N'Djamena.
   
Dans ce contexte, les autorités tchadiennes ont voulu jouer l'"apaisement" en plaçant mardi "en résidence surveillée" à son domicile un autre opposant, Lol Mahamat Choua, également arrêté début février.
   
Cet ex-chef de l'Etat tchadien, initialement porté disparu avant que le gouvernement ne reconnaisse le détenir en tant que "prisonnier de guerre", présidait avant la crise le comité de suivi de l'accord du 13 août 2007 entre l'opposition et le pouvoir, censé aboutir à un scrutin démocratique en 2009.
   
M. Sarkozy pourrait également demander à son homologue tchadien la grâce des six membres de L'Arche de Zoé condamnés en décembre au Tchad pour la tentative d'enlèvement de 103 enfants à 8 ans de prison.
   
Le président français, attendu vers 18H00 (17H00 GMT), va s'entretenir avec Idriss Deby, puis rencontrer la communauté française avant de dîner avec les soldats de la base française de N'Djamena.
   
La France entretient au Tchad depuis 1986 un dispositif militaire baptisé Epervier regroupant actuellement quelque 1.500 soldats. L'armée française a ainsi fourni à N'Djamena des renseignements sur les positions des rebelles lors de leur dernière offensive, mais elle a aussi acheminé des munitions aux forces gouvernementales et protégé l'aéroport de la capitale tchadienne.
   
La France est également le principal inspirateur d'une force européenne (Eufor) en cours de déploiement dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger notamment les réfugiés soudanais qui ont fui la guerre au Darfour voisin.
 

Première publication : 27/02/2008

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