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Accord entre gouvernement et opposition au Kenya

Dernière modification : 29/02/2008

L"accord de coalition" prévoit notamment la création du poste de Premier ministre. Gordon Brown a aussitôt annoncé que son pays accepterait d'accueillir une conférence des donateurs. (Récit V. Heurtel)

Après deux mois d’âpres négociations, le président kényan Mwai Kibaki et l’opposant Raila Odinga ont signé à Nairobi un accord organisant un partage du pouvoir. Le texte prévoit la création d'un poste de Premier ministre qui échouera au chef du groupe parlementaire le plus important à l'Assemblée nationale - en l’occurrence, le Mouvement démocratique orange (ODM) d'Odinga. Les portefeuilles du gouvernement seront répartis entre les deux camps rivaux en proportion de leur représentation parlementaire.

Une pression intérieure et internationale intense, orchestrée par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, s'exerçait sur les deux rivaux pour qu'ils aboutissent à un compromis mettant fin à la crise. "Le compromis était indispensable pour la survie de ce pays", a déclaré après la signature de l'accord le diplomate ghanéen, en félicitant les protagonistes de l’accord.

"L’élection du 27 décembre, entachée de nombreuses irrégularités - notamment un taux de participation de 115 % -, a été peu crédible. Cela a engendré une crise d’une rare violence pour le Kenya, et rouvert de vieilles plaies que l’on croyait refermées", estime Christophe Robeet, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24.

Plus de 1 500 personnes ont été tuées selon des sources policières, et la Croix-Rouge évalue à 300 000 le nombre de Kényans qui ont pris la route pour fuir les violences qui prenaient un caractère ethnique. "Il faudra que les deux responsables politiques Kibaki et Odinga travaillent sur la réconciliation entre les différentes ethnies du pays. Ce travail sera lent", estime Robeet.

Les plaies ouvertes par les violences de ces deux derniers mois ne semblent pas encore refermées. Hier soir, des violences interethniques ont repris dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'ouest après une dizaine de jours de relative accalmie. Un des hauts responsables du Mouvement démocratique orange, William Ruto, a accusé la police de "tentative systématique de persécuter et d'intimider des partisans de l'ODM dans la Vallée du Rift" et "d'arrestations arbitraires de citoyens innocents".

A la suite de cet accord, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé sa volonté d’organiser une conférence de donateurs pour la reconstruction du pays. Cette conférence, a-t-il annoncé, permettra au pays de donner toutes ses chances à l’accord de partage du gouvernement, de restaurer le tourisme et redynamiser l’économie.
 

Première publication : 28/02/2008

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