28 février 2008 - 16H43
- France - Nicolas Sarkozy - Politique africaine

La France revoit ses accords de défense avec l'Afrique
Le président français a l'intention de renégocier les accords de défense entre la France et les pays africains, tout en écartant la perspective d'un "désengagement militaire en Afrique". (Récit K. Chabour)

 

Dès son premier jour en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy s'est attaqué à l'un des piliers de la "Françafrique" en annonçant une remise à plat de la présence militaire française en Afrique. Dans la ligne droite de sa volonté de rupture par rapport à ces prédécesseurs, il a exprimé son souhait de voir la France agir, non plus seule, mais avec l'Union africaine (UA) et l'Union européenne (UE). "Je pense que les temps ont changé et que la France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique, c'est le rôle de l'Union africaine et des organisations régionales africaines", a-t-il dit.

 

 

La remise à plat annoncée par le président, qui va dans le sens du programme de Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (Recamp) lancé par Chirac il y a huit ans, devrait se traduire par la fermeture d'un certain nombre de bases et une réduction des quelque 9 000 soldats déployés sur le continent.

 

La base d'Abidjan, le quartier général des 900 hommes du 43e Bataillon d'infanterie de marine et celui de la force Licorne devrait servir d’exemple. Paris a récemment annoncé que les effectifs de ce contingent Licorne seraient ramenés d'ici fin mars de 2.400 à 1.800 soldats. L'avenir des autres bases permanentes au Sénégal, au Gabon et à Djibouti est, lui, toujours en cours d'examen.

 

Depuis les années soixante, période pendant laquelle des accords de défense ont discrètement signés entre Paris et ses ex-colonies, la présence militaire française sur le contient Africain, une dizaine de milliers de militaires, répartis sur cinq bases, n’a pas que peu bougée. Nicolas Sarkozy veut désormais que "La France [soit] présente de façon différente en Afrique." Pour cela il compte "renégocier tous les accords militaires de la France en Afrique" qui ont justifié les interventions souvent controversées des militaires français.

 

Autre changement significatif, "dans un souci de transparence, le président a également annoncé qu’il allait associer le parlement français à la politique africaine", explique depuis le Cap Jean-Bernard Cadier, spécialiste des relations internationales à FRANCE 24. Ce dossier était pourtant jusqu’à présent un "domaine réservé du chef de l’Etat".

Commentaires

REACTION !

La France souhaite aujourd’hui se désengager aussi militairement de l’Afrique. Ce désengagement est traduit par le chef de l’Etat de « présence différente ». Il illustre le souhait de la France de ne plus agir seule, mais avec l’Union Africaine et l’Union Européenne. Ceci pourrait alors légitimer le fait que la France préfère partager charges et responsabilités avec ses partenaires européens au lieu de prendre a nouveau le risque de s’imposer seule en tant que « gendarme de l’Afrique » pour cette fois-ci défendre de plus faibles intérêts.

Voir les choses sous un autre angle

Tiens, du travail pour les journalistes.
Tant, il faut suivre pour la mise en oeuvre, il faut informer pour mettre en exergue les enjeux.
(il faut deux (voir même trois) semaines en Afrique)

Enfin

Il était temps ! Il serait aussi opportun que la France ait le courage politique de dire à ses partenaires africains privilégiés la vérité sur leur gestion de la démocratie. Des décennies au pouvoir, des gestions autocratiques, des constitutions malléables à volonté et des peuples...malheureux. Le président Sarkozy aura t-il le courage d'aller plus loin dans la voie de la transparence ?

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