- Dmitri Medvedev - Moscou - Russie - Vladimir Poutine
Il s’était présenté à l’élection présidentielle en 2000. Huit ans plus tard, Grigori Iavlinski assiste à la victoire annoncée du dauphin de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, en simple spectateur.
Le 9 février dernier, il annonce sa décision de boycotter la présidentielle, qu’il qualifie de "simple manœuvre pour permettre à Poutine de transmettre le pouvoir à son ami Dmitri Medvedev."
Cet ancien champion de boxe est le fondateur du parti libéral Yabloko (la pomme, en russe, ndlr). Lors des élections parlementaires de décembre, il ne recueille que 1,59 % des voix, un résultat insuffisant pour entrer au parlement : "je ne vois pas cela comme une défaite. La route vers la victoire d’une nouvelle vie en Russie sera plus longue que ce que j’avais prévu au début des années 1990."
Grigori Iavlinski porte bien peu d’espoir dans l’élection présidentielle qui s’annonce : "ce n’est pas une élection au sens où l’entendent les Européens". "S’il n’y a pas de médias indépendants, pas de justice indépendante, pas de système de financement des partis politiques, c’est tout bonnement impossible de bâtir une opposition crédible", assène-t-il. "C’est pourquoi nous assistons à une simple procédure de transfert du pouvoir entre deux personnes."
Un simple transfert de pouvoir qui n’éloignera pas l'actuel président russe du pouvoir pour autant : "je pense que Poutine prévoit de s’accrocher au pouvoir jusqu’en 2020. Il fait des plans et des prévisions pour les 12 années à venir."
Cet adversaire de Poutine de la première heure n’est pas tendre non plus avec le plus célèbre des opposants russe. Lorsqu’Ulysse Gosset lui demande d’évaluer les compétences politiques de Gary Kasparov, il répond sèchement que "c’est un excellent joueur d’échec."
Iavlinski dresse un tableau sombre de la Russie d’aujourd’hui. Mais l’ancien boxeur ne veut pas raccrocher les gants : "aujourd’hui, je peux intervenir dans votre émission en direct de Moscou. Je peux y exposer mes conceptions politiques et celles de mon parti, même si elles sont radicalement différentes de celles de Vladimir Poutine." Un soupçon d’optimisme bien vite tempéré : "le problème, c’est que je ne peux pas parler au peuple russe."


























