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109 millions de Russes appelés aux urnes

Dernière modification : 18/04/2008

Les électeurs russes élisent le successeur de Poutine. Un scrutin sans suspense qui devrait porter au pouvoir Dmitri Medvedev, le candidat du Kremlin. Seule incertitude : le taux de participation. (Récit : E. Allain)


Plus de 100 millions de Russes sont appelés à voter ce dimanche pour élire le nouveau président de la Fédération de Russie. Dans cet Etat traversé par onze fuseaux horaires et deux fois et demi plus vaste que les Etats-Unis, le déroulement de l’élection est long.

Au Kamtchatka et en Tchoukotka, dans l’Extrême-Orient russe, le scrutin a commencé dès samedi à 20 heures GMT. C’est dans l’enclave de Kaliningrad, à l’extrême ouest du pays, que les derniers bureaux de vote doivent fermer dimanche à 18 heures GMT.

Les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes doivent être connus dès la fermeture des derniers bureaux de vote et les résultats préliminaires complets annoncés lundi à 7 heures GMT.

Un scrutin sans suspense

Mais l’issue du scrutin ne fait guère de doute. Dmitri Medvedev, 42 ans, vice-Premier ministre et candidat choisi par le président sortant Vladimir Poutine, est crédité de 60 à 80 % des suffrages.

"Le véritable suspense tient en réalité au taux de participation", analyse Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. "Je pense qu’il sera relativement fort car les Russes tiennent à ce mode de vote. Ils ne l’ont pas exercé depuis très longtemps. Autrefois, quand le parti communiste était au pouvoir, le vote était obligatoire. Aujourd’hui, l’offre des candidats n’est pas plus ouverte mais ce vote a une valeur symbolique, même si tout le monde sait que l’élection est gagnée d’avance".

Romain Goguelin, correspondant permanent à Moscou de FRANCE 24, nuance cette analyse : "Vladimir Poutine fait beaucoup d’efforts pour essayer de convaincre les Russes de venir participer à cette élection. Ce n’est pas une tâche facile parce que cette élection ne convainc pas, ne passionne pas les Russes. Beaucoup se demandent à quoi bon se déplacer. Si Dmitri Medvedev est élu avec un taux de participation faible, sa légitimité en sera amoindrie, et ça, le Kremlin ne le veut pas."

Absence de débat


Par ailleurs, des opposants appellent à boycotter le vote. L’un d’entre eux, Sergueï Kourzun, journaliste, fondateur de la radio Echo de Moscou, un des rares médias qui ose critiquer le Kremlin, déclarait fin février, lors d’un débat sur le plateau de FRANCE 24 : "Dans mon entourage, on hésite entre ne pas aller voter du tout et se déplacer aux urnes, prendre son bulletin et le ramener chez soi. On n’aime pas que quelqu’un décide pour nous".

La campagne électorale n’a donné lieu à aucun débat entre les différents candidats, Medvedev occupant une grande partie de l’espace médiatique. Face à lui, trois autres candidats briguent la présidence : le communiste Guennadi Ziouganov, l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski et le pro-européen Andreï Bogdanov.

Les résultats officiels de la présidentielle doivent être rendus publics le 7 mars.

Première publication : 02/03/2008

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