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Hugo Chavez durcit le ton face à Uribe

Dernière modification : 02/03/2008

Alors que l'armée colombienne a tué un chef des FARC en Equateur, le président vénézuélien prévient qu'une opération militaire sur son sol serait perçue comme une "cause de guerre". Ecoutez notre correspondant à Bogota, R. Langlois.

L'armée colombienne a annoncé samedi avoir tué en territoire équatorien Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le plus dur échec jamais infligé à la guérilla marxiste.
   
Le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a précisé lors d'une conférence de presse que l'opération lancée contre un camp de guérilleros, où se trouvait Reyes, avait commencé par un bombardement aérien, suivi d'une attaque terrestre de soldats héliportés.
   
"C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste", a affirmé le ministre.
   
L'opération commando contre les guérilleros du Front 48 des Farc a débuté par un bombardement de l'aviation samedi à 00H25 locales (vendredi 19H25 GMT).
   
Des unités héliportées se sont rendues sur les lieux du campement en territoire équatorien où, selon l'armée colombienne, des combats se sont produits, faisant au total un mort parmi les soldats colombiens et 17 dans les rangs de la guérilla.
   
Le corps de Raul Reyes a été rapatrié à Bogota par l'armée.
   
Un coup de téléphone satellitaire de Raul Reyes et un informateur de l'armée ont permis de localiser avec précision le camp où vivait en territoire équatorien le numéro deux des Farc, a révélé à l'AFP une source militaire.
   
 M. Santos a précisé que le camp attaqué se trouvait "du côté équatorien, à 1.800 mètres de la frontière" commune.
   
A Quito le président équatorien Rafael Correa, furieux, a rappelé samedi soir pour consultation son ambassadeur en Colombie.
   
Selon M. Correa, son homologue Alvaro Uribe qui lui avait téléphoné dans la matinée, "a été encore une fois trompé (ndlr: par son armée) ou a menti au gouvernement équatorien".
   
L'Equateur "ne permettra plus d'outrages du gouvernement colombien et nous sommes prêts à aller jusqu'aux ultimes conséquences", a-t-il dit.
   
Ayant envoyé l'armée équatorienne dans la zone où se sont déroulés les combats, le président Correa a indiqué que ses soldats "ont trouvé 15 cadavres de guérilleros, deux guérilleras blessées dans un campement improvisé des Farc à deux kilomètres en territoire équatorien près de la frontière".
   
"Mais ces cadavres étaient en sous-vêtements, en pyjamas, ce qui revient à dire qu'il n'y a pas eu de poursuite à chaud et qu'ils (les Farc) ont été bombardés et massacrés pendant qu'ils dormaient".
   
Peu avant lors d'une intervention à la télévision colombienne, le président Uribe a affirmé solennellement qu'il "assumait toute la responsabilité" de cette opération.
   
Pour sa part, le président du Venezuela Hugo Chavez a estimé que si la Colombie montait une opération militaire au Venezuela comme l'attaque ayant provoqué la mort du numéro deux des Farc en Equateur, ce serait "une cause de guerre" entre les deux pays.
   
 Agé de 59 ans, le No 2 des Farc, dont le vrai nom est Luis Edgar Devia, était   membre de la guérilla depuis près de 30 ans. Présenté par ses compagnons comme l'un des représentants de la faction la plus dure du mouvement rebelle, il a franchi tous les échelons de la hiérarchie pour devenir le porte-parole des Farc. Son nom était fréquemment cité pour la succession de Manuel Marulanda, le chef suprême des rebelles âgé de 77 ans.
   
 Principal mouvement de guérilla colombien, les Farc comptent aujourd'hui 17.000 combattants, principalement des paysans, répartis sur 60 fronts et occupant une partie importante du pays.
   
Les Farc détiennent dans la jungle 39 otages dits "politiques", dont l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, qu'ils veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.
   
La mort de Raul Reyes intervient alors que la guérilla a relâché unilatéralement six otages depuis le début de l'année et que la pression internationale s'accentue pour obtenir la remise en liberté de Mme Betancourt en raison de son mauvais état de santé.

Première publication : 02/03/2008

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