04 mars 2008 - 09H37
- Fusion - Industrie - Industrie automobile

Porsche prêt à fusionner avec Volkswagen
Volkswagen, qui pourrait fusionner prochainement avec Porsche, a acquis le fabricant de poids lourds Scania, en devenant actionnaire majoritaire pour 2,9 milliards d'euros. (Récit : G. Savery)

 

Ferdinand Piech a pris deux décisions primordiales lundi dans l'esprit de forger un empire automobile d'envergure mondiale en amenant Scania dans le giron de Volkswagen et en préparant la prise de contrôle de ce dernier par Porsche.

 

VW prendra le contrôle du constructeur de poids lourds suédois Scania moyennant 2,9 milliards d'euros et ce faisant se rapproche à grand pas de son but qui est de créer un leader du poids lourd en Europe aux côtés du concurrent MAN.

 

Le rachat des parts de la famille Wallenberg met fin à une impasse qui s'était installée depuis le début de l'année dernière, lorsque Scania avait repoussé une offre hostile de MAN, dans lequel VW détient une participation de 30%.

 

"C'est un grand pas en avant pour toutes les parties concernées", a déclaré le président du directoire de Volkswagen Martin Winterkorn lors d'une conférence de presse à Stockholm, soulignant que l'incertitude quant à la propriété de Scania n'était plus qu'un souvenir.

 

"On pourrait dire que la société était en jeu depuis janvier 1999; ça fait très longtemps", a dit de son côté le directeur général de Scania Leif Ostling, faisant référence à une offre de Volvo qui n'avait pas reçu l'agrément de l'Union européenne.

 

Mais le président du conseil de surveillance de VW Ferdinand Piech, dont la famille autrichienne contrôle Porsche, a fait savoir lundi dans la soirée que, quoi qu'il en soit, il n'y aurait pas de fusion entre MAN, Scania et Volkswagen.

 

Le marché s'était à peine remis des nouvelles relatives à VW et à Scania - qui deviendra la neuvième marque de Volkswagen, selon Winterkorn - que Porsche confirmait son intention de devenir majoritaire dans Volkswagen, à partir de son actuelle participation de 31%, sans pour autant envisager de fusionner.

 

Le conseil de surveillance de Porsche a donné son feu vert à cette manoeuvre très attendue à l'occasion d'une réunion extraordinaire, ce qui devrait se traduire pour le constructeur de voitures de sport par un investissement d'une dizaine de milliards d'euros.

 

"Notre but est de créer l'une des alliances automobiles les plus solides et les plus innovantes au monde, capable de se mesurer à une concurrence internationale accrue", a déclaré le président du directoire de Porsche Wendelin Wiedeking.

 

Bien que dépassant les 50% du capital de VW, Porsche n'aura pas l'obligation de lancer une OPA sur la totalité du constructeur dans la mesure où il avait fait l'an passé une offre au prix minimum légal que peu d'investisseurs avait retenue.

 

"Nous continuons de croire qu'à long terme nous aurons une structure à trois piliers pour Porsche: voitures de sport (Porsche), automobile (VW) et camions (VW/MAN/Scania)", écrit l'analyste de DZ Bank Michael Punzet dans une note à la clientèle.

 

Selon lui, Porsche a choisi ce moment pour annoncer sa décision afin de renforcer ses positions alors même que Berlin débat d'une nouvelle loi pour VW par laquelle le personnel et le Land de Basse-Saxe conserveraient un fort droit de regard dans le constructeur automobile de Wolfsburg.

 
 
 

VERS PLUS DE COLLABORATION

L'action Scania B, la plus liquide, a fortement monté dans un premier temps mais termine sur un recul de 8,3% après que le directeur financier de VW eut dit que le constructeur n'envisageait pas de racheter les minoritaires de Scania.

 

L'action Porsche a gagné 2,4% et l'action MAN 4,3%, faisant d'elles les plus gros gains de la journée parmi les valeurs vedettes allemandes.

 

Volkswagen payera 200 couronnes suédoises par action Scania A, soit une prime de 17% par rapport au cours de clôture de vendredi, donnant un montant total de 26,94 milliards de couronnes (6,6 milliards d'euros) pour porter de 38% à 69% ses droits de vote dans le constructeur suédois. L'opération doit encore recevoir l'aval des autorités de tutelle.

 

Winterkorn a dit que VW n'avait pas l'intention d'accroître ses parts dans Scania après en avoir pris le contrôle. Il n'a donné aucun objectif de synergies, précisant qu'il donnerait des précisions sur l'intégration de Scania en automne.

 

MAN avait lancé une OPA hostile de 10 milliards d'euros sur Scania fin 2006 et s'était attiré les foudres d'Ostling qui avait dû présenter des excuses après avoir comparé le mouvement de MAN à un "blitzkrieg", quand bien même MAN était et reste dirigé par un Suédois.

 

Volkswagen et les Wallenberg avaient rejeté une offre que MAN retira en janvier 2007. Les trois actionnaires concernés résolurent alors de débattre d'une solution plus amicale.

 

A la différence de leurs concurrents plus gros que sont Volvo et Daimler, qui peuvent générer des économies d'échelle, Scania et MAN doivent rapidement collaborer pour réduire leurs coûts de développement de nouveaux moteurs de poids lourds qui soient moins polluants, estiment des analystes.

 

Un porte-parole de MAN a salué la décision de la famille Wallenberg de vendre ses parts dans Scania, une composante importante du portefeuille de sa holding Investor AB depuis sa création voici plus de 90 ans.

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