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Les chercheurs se mobilisent à nouveau

Dernière modification : 05/03/2008

Près de 400 chercheurs ont manifesté en France, tandis que quelque 600 directeurs de laboratoires exprimaient leurs réserves face au projet de réforme de la recherche. (Reportage : FRANCE 2)

Le monde de la Recherche a fait part mardi de son inquiétude devant les réformes en cours dans son secteur, avec une réunion de directeur de laboratoires au Collège de France et deux manifestations à Paris et Toulouse pour affirmer le besoin d'autonomie de la science face au politique.
   
Plus de 200 chercheurs ont manifesté devant le ministère de la Recherche à Paris, et le même nombre à Toulouse, au moment où quelque 600 directeurs de laboratoires se rencontraient au Collège de France pour marquer leurs réserves face à l'évolution de la réforme de la recherche poursuivie par le gouvernement.
   
La manifestation, à l'appel des syndicats de la recherche (SNCS, SNESUP, UNSA...) et du mouvement Sauvons la Recherche (SLR), marquait "l'inquiétude des chercheurs sur l'évolution néfaste" de la réforme et "la menace sérieuse qu'elle fait peser sur son autonomie", a déclaré à l'AFP le vice-président de SLR, Georges Debrégeas.
   
Au Collège de France, directeurs de laboratoires et responsables d'instances scientifiques se sont penchés pendant environ 4 heures sur les principes à respecter pour toute réforme de la recherche. "Le plus important", ont-ils souligné, est "le respect de l’autonomie du champ scientifique par rapport au politique".
   
Pour leur porte-parole, Philippe Blache, les "patrons" de recherche vont consulter leurs unités pour dégager des initiatives qu'ils présenteront dans environ deux mois.
   
De leur côté, les manifestants de Paris ont symboliquement lancé une "attaque aérienne" avec des avions en papier sur les grilles du ministère pour "faire passer leurs messages" : notamment un refus de voir l'Agence nationale de la recherche (ANR) créée en 2005 leur imposer l'orientation des axes de la recherche, et leur peur d'une perte d'autonomie des organismes tels que le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS).
   
Répondant à cette crainte devant un "pilotage gouvernemental", la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, a estimé qu'une "bonne stratégie" de recherche nationale passe par le "croisement des regards du politique et du scientifique" : le premier "part des grands défis de la société" (Alzheimer, biodiversité...) et le second "des forces et des faiblesses de nos laboratoires et de leurs ambitions scientifiques".
   
La précarité des chercheurs et le financement de la recherche étaient également au centre des critiques des manifestants.
   
Marianne Mangeney, statutaire, chercheuse en biologie, craint que l'ANR ne finance plus "tout ce qui n'est pas directement utile" (sciences sociales, humaines...) et que "des pans entiers" de la recherche ne disparaissent ainsi.
   
Valérie Pécresse a rappelé l'effort fait par le gouvernement pour le financement de la Recherche et de l'enseignement supérieur, avec la création de 6.000 emplois et une augmentation de 25% des crédits depuis 2005.
   
Les manifestants, comme les directeurs de laboratoires réunis au Collège de France, craignent aussi que le CNRS devienne une simple agence de moyens qui distribuerait des crédits au lieu d'impulser la recherche.
   
La réforme voulue par le gouvernement pour le "moderniser", rappelée dans une "feuille de route" envoyée à la présidente du CNRS la semaine dernière par Mme Pécresse, risque de transformer ce "garant de la recherche fondamentale" en un ensemble d’instituts, ce qui "présente des risques d’éclatement de l’organisme", ont fait observer les directeurs de laboratoires.

Première publication : 05/03/2008

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