- France - Medef - UIMM
Le conflit qui oppose depuis plusieurs semaines l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et le Mouvement des entreprises de France (Medef) pourrait précipiter une réforme en profondeur du patronat français.
La présidente du Medef mène depuis samedi une opération de reprise en main de l’UIMM. Laurence Parisot presse la plus puissante des branches de l’institution patronale de renoncer à ses mandats dans de nombreuses organisations paritaires. L’Union y détient une centaine de mandats sur près d’un millier. Cette exigence cristallise désormais le conflit entre l'UIMM et la maison-mère.
A l’origine de ce bras de fer, le versement par l’UIMM d’une indemnité de départ d’un montant de 1,5 million d’euros au profit de son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac. Et ce alors que ce dernier est mis en examen pour avoir procédé, entre 2000 et 2007, à des retraits d’importantes sommes d’argent en espèce.
Ces sommes, estimées à 19 millions d’euros, auraient été distribuées à des dirigeants syndicaux pour acheter la paix sociale. L’ancien dirigeant de l’UIMM refuse d’en révéler l’identité.
Irritée par les rebondissements de l’affaire Gautier-Sauvagnac, Laurence Parisot exige, sans lâcher prise, de l’UIMM une "remise à plat de ses mandats". La présidente du Medef estime "qu’une seule fédération" n’a pas vocation à représenter, seule, "l’intérêt général de toutes les entreprises".
Frédéric Saint-Geours, le successeur de Denis Gautier-Sauvagnac, a rencontré Laurence Parisot mardi. Il a accepté de revoir les modalités de départ de Denis Gautier-Sauvagnac comme le réclamait la patronne des patrons. Mais il a refusé de remettre les mandats détenus par l’UIMM au sein des organisations paritaires.
"Les discussions vont continuer. Le président de l'UIMM a fait avancer les choses un peu, pas suffisamment", a estimé Laurence Parisot sur France 3.
Un "immense trésor"
Forte de ses deux millions de salariés sur les 15 millions employés par les entreprises actives sous la bannière du Medef, l’UIMM devance, par sa taille, toutes les branches phares du mouvement patronal : banques, assurances, bâtiment et distribution.
Selon Christian Stoffaes, président de l’Institut d’histoire de l’industrie, les mandats nationaux détenus par l’UIMM au sein des organismes paritaires constituent un véritable enjeu de pouvoir patronal et financier. Selon lui, leurs titulaires sont devenus de véritables hommes d’appareil.
Depuis la libération, "l’immense trésor des flux de transferts sociaux des caisses de sécurité sociale, assurance vieillesse, etc, est géré paritairement par des représentants des syndicats ouvriers et des syndicats patronaux. Cela fait des salaires pour les apparatchiks de ces syndicats", a-t-il dit sur FRANCE 24.
D’après Christian Stoffaes, les archaïsmes encore à l’œuvre dans les organisations patronales françaises datent d’une époque où la corruption les dirigeants syndicaux était tolérée pour barrer la route au communisme.
Les problèmes de transparence existent chez les partenaires sociaux de tous les pays, précise l'avocat d’affaires Christopher Mesnooh, également invité de FRANCE 24. Mais, selon lui, la prise de conscience constatée à l'intérieur des entreprises devrait se propager à leurs organisations représentatives.


























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