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La mort de Reyes est un revers pour Betancourt

Dernière modification : 06/03/2008

Les FARC déclarent que la mort de leur numéro deux, Raul Reyes, est intervenue au moment où était négociée, avec la France, la libération d'Ingrid Betancourt. Paris confirme l'existence de contacts. (Récit : M. Gaudin)

La mort de Raul Reyes, numéro 2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le 1er mars, a fortement réduit l’espoir d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, selon le ministre des Affaires étrangères français et les FARC. 

Bernard Kouchner a estimé, lundi, que la mort de Raul Reyes en Equateur était une "mauvaise nouvelle" pour les efforts diplomatiques en vue d'obtenir la libération des otages des rebelles colombiens, dont Ingrid Betancourt.
 
Mercredi, il a assuré que, malgré les "obstacles" qui "s'accumulent", la France emploie "tous les moyens possibles" pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne.
  
"
Vous connaissez la situation, le président vient d'en parler, ça ne nous empêche pas, non seulement de nous acharner, mais d'employer tous les moyens possibles pour essayer et pour réussir à faire sortir Ingrid Betancourt", a déclaré M. Kouchner à sa sortie du Conseil des ministres.
  
"C'est une urgence véritable, c'est humainement pas possible de la laisser", a-t-il insisté.

Selon les FARC, Reyes tentait d'organiser une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy, quand il a été tué par des soldats colombiens en Equateur.

Par cette action, Alvaro Uribe, conscient du rôle clé de Reyes, a envoyé un message "très clair" à ses voisins et à la France, selon Christophe Robeet, spécialiste de la politique internationale à FRANCE 24. "Le président colombien ne tolère pas que l’effort de médiation se fasse dans son dos. En faisant abattre Reyes, Uribe savait qu’il allait s’attirer les foudres de ses voisins le Venezuela et l’Equateur", analyse-t-il.

"Le commandant Paul Reyes est mort en accomplissant la mission de concrétiser, par l'intermédiaire du président Chavez, une réunion avec le président Nicolas Sarkozy au cours de laquelle progresserait la recherche d'une solution à la situation d'Ingrid Betancourt et l'objectif d'un accord humanitaire", a-t-on pu lire dans un communiqué des FARC obtenu par Reuters. Mardi, l'Elysée a réaffirmé que Nicolas Sarkozy était toujours "prêt à se rendre à la frontière" entre la Colombie et le Venezuela en vue de la libération d'Ingrid Betancourt.

Néanmoins, Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, affirmait, mercredi, que Paul Reyes n'avait "pas récemment" été en contact avec Paris.


La tension monte entre l’Equateur et la Colombie

Le commandant Raul Reyes a été tué lors d'une l'attaque lancée, samedi, par l'armée colombienne contre un camp des FARC en Equateur. Près d'une vingtaine de guérilleros ont été tués pendant cet assaut.

Puis l'Equateur a rompu, lundi, ses relations diplomatiques avec Bogota, et le Venezuela expulsé l'ambassadeur de Colombie, avant que les deux pays n'annoncent l'envoi de troupes aux frontières.

Mardi, le président Rafael Correa a alors déclaré que l'Equateur se défendrait si la Colombie ne présente pas d'excuses pour avoir attaqué des guérilleros sur son territoire, et si la communauté internationale ne condamne pas cette attaque.
 
En tournée régionale mardi, Rafael Correa tentait de rallier le Brésil dans la grave crise qui l’oppose à la Colombie.

A Washington, les discussions ont repris mercredi au cours d'une réunion d’urgence de l’Organisation des Etats américains (OEA).
 

Première publication : 05/03/2008

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