Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Baptême du feu pour Donald Trump et Emmanuel Macron devant l'ONU

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Rwanda : l’opposante Diane Rwigara sort du silence

En savoir plus

MARDI POLITIQUE

Florian Philippot : "La refondation du FN se passe assez mal"

En savoir plus

MARDI POLITIQUE

François Kalfon : "On peut faire de la politique en dehors du 7e arrondissement de Paris"

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Marc Dugain explore la face sombre de l'Amérique des Kennedy

En savoir plus

FOCUS

Un an après les JO, Rio de Janeiro gangrenée par la crise et la violence

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Waszczykowski : "Les mots de Macron envers la Pologne n'étaient pas nécessaires"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

ONU : comment l'organisation est-elle financée ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Baptêmes du feu à l'ONU"

En savoir plus

Les enjeux de la crise du gaz

Dernière modification : 07/03/2008

Le conflit gazier entre Gazprom et l'Ukraine connaît une série de rebondissements depuis 2006. Ce bras de fer entre les deux pays repose "sur le contrôle du réseau ukrainien de gazoducs", selon Alain Guillemoles, journaliste à La Croix.

Gazprom a rétabli ses livraisons de gaz vers l’Ukraine, après les avoir réduites à deux reprises en une semaine début mars. Quels enjeux se cachent derrière cette « crise du gaz » ? Quels risques encourt l’Union européenne si le conflit s’envenime ? Alain Guillemoles, chef adjoint du service Monde au quotidien français La Croix et coauteur de "Gazprom, le nouvel empire", apporte ses réponses.  


Comment expliquez-vous le bras de fer entre la Russie et l’Ukraine sur le gaz ?

C’est une longue histoire, marquée par un divorce mal réglé. La Russie n’a jamais bien accepté l’indépendance de l’Ukraine. La question du gaz  lui sert d’instrument de pression.  
L’Ukraine est entièrement dépendante de la Russie concernant la consommation de gaz. Les Ukrainiens sont de gros consommateurs, notamment à cause des habitations mal isolées et de l’importante production sidérurgique du pays.
La Russie est, elle aussi, dépendante de l’Ukraine, qui concentre 95% de ses exportations de gaz. Gazprom exporte seulement vers l’Europe puisque son projet d’exporter vers la Chine ne s’est pas encore concrétisé. Gazprom tente donc depuis plusieurs années de s’emparer du réseau de gazoducs qui traverse l’Ukraine. La Russie entend profiter de la difficile cohabitation entre le président ukrainien Viktor Iouchtchenko et son Premier ministre, Ioulia Timochenko, pour y arriver.


Un accord de principe a été conclu le 12 février à Moscou entre les présidents Poutine et Iouchtchenko, qui prévoit le paiement de la dette ukrainienne de 600 millions de dollars et une simplification des modes de livraisons. Qu’en est-il de cet accord ?

L'enjeu de la crise est plus le contrôle du réseau ukrainien de gazoducs que le remboursement de la dette de l'Ukraine. Les négociations vont donc reprendre au sujet du corridor gazier ukrainien mais il existe deux points de dissension. D’abord, le prix du transit de gaz que les Russes paient à l’Ukraine. RosUkrEnergo, l’intermédiaire exclusif du transit gazier entre les deux pays, représente aussi un sujet de divergence. Cette compagnie redistribue de façon opaque ses profits. Timochenko veut s’en débarrasser. Du côté russe, la  direction de Gazprom est divisée et Medvedev est pour la suppression. Mais va-t-il le faire ?


En janvier 2006, les livraisons de gaz russe avaient été interrompues pendant trois jours, ce qui avait perturbé les niveaux d’approvisionnement vers l’Union européenne. Existe-t-il des risques que l’Union européenne soit à nouveau perturbée par ce conflit ?

Bien sûr que les risques sont réels pour l’Union européenne car le bras de fer entre l’Ukraine et la Russie est dur. Si les restrictions avaient duré plus longtemps, l’Ukraine aurait été contrainte d’internationaliser le problème en faisant appel à la solidarité européenne.
De plus, l’Europe manque d’une vraie politique énergétique car les politiques nationales de certains pays prennent le pas sur les objectifs européens. Si l’Union européenne n’agit pas, la Russie risque d’imposer son architecture sur le marché européen. Reste à voir ce que la France va faire quand elle sera à la présidence européenne au deuxième semestre 2008. Elle s’est engagée à faire de la question de l’énergie une priorité.

Première publication : 06/03/2008

COMMENTAIRE(S)