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Dernière ligne droite pour Zapatero et Rajoy

Dernière modification : 07/03/2008

La candidat conservateur Mariano Rajoy (à droite sur la photo) tente d'inverser la tendance en Espagne alors que les derniers sondages accordent un net avantage à son rival, l'actuel Premier ministre Zapatero.

Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a tenté jeudi de mobiliser l'électorat de gauche, pour les législatives de dimanche, mettant en garde contre tout excès de confiance tandis que son rival de droite a battu le rappel des indécis.

"Je demande que vous alliez voter massivement pour l'Espagne et pour le progrès. Il ne suffit pas de souhaiter une victoire" de la gauche, "il faut aller voter", a déclaré le chef de gouvernement sortant, donné favori par les sondages, lors d'un meeting à Cordoue (sud).

Zapatero "s'énerve" car il pensait que la campagne allait être une "promenade de santé", s'est moqué le candidat conservateur à la présidence du gouvernement, Mariano Rajoy.

Le leader socialiste qui était ressorti vainqueur de ses deux duels télévisés de campagne contre M. Rajoy, s'efforce depuis de mobiliser son électorat, plus jeune et aussi traditionnellement moins discipliné que celui de la droite.

"Gagner les débats ne signifie pas gagner les élections. Les débats se gagnent avec des arguments et les élections se gagnent avec des arguments et avec des votes", avait-il insisté mercredi soir à Badajoz (sud-ouest), avant de confier à des journalistes que les élections n'était "pas gagnées".

M. Zapatero se rappelle qu'il doit sa victoire surprise en 2004 à un sursaut de dernière minute des jeunes, trois jours après les sanglants attentats islamistes du 11 mars à Madrid.

"Au PSOE, on craint beaucoup qu'un excès de confiance en une victoire de la gauche finisse par démobiliser l'électorat socialiste", analysait jeudi le journal catalan El Periodico.

Les derniers sondages autorisés, publiés lundi, indiquaient un avantage relativement confortable pour le Parti socialiste (PSOE) d'environ 4 points, se traduisant par une majorité relative au parlement, comparable, voire légèrement supérieure, à celle de 2004.

Mais depuis, les "données" dont disposent les stratèges socialistes montrent un "mouvement d'accordéon dans l'évolution des intentions de vote" et laissent ouverte la possibilité d'un résultat très serré, selon El Periodico.

Le coordinateur de la campagne électorale du PP, Pio Garcia Escudero a rappelé jeudi qu'aux municipales de mai 2007, "aucun sondage ne disait que nous pouvions gagner. Tous nous donnaient un retard de 3 à 5 points, et à la fin nous l'avons emporté" avec une courte avance

Dans la dernière ligne droite de cette campagne, M. Rajoy lance des appels de plus en plus explicites aux déçus du socialisme. "Il y a beaucoup d'Espagnols qui ne nous ont pas donné la confiance" aux législatives 2004, "mais qui maintenant regardent vers nous", a déclaré le conservateur, jeudi à Teruel (est), avant d'assurer que son projet était "pour tous".

En cas de victoire de justesse du PP, M. Rajoy compte demander au PSOE de "s'abstenir" lors du vote d'investiture au parlement afin de faciliter la tâche de la droite pour former un gouvernement, a-t-il anticipé jeudi au journal El Pais.

Une abstention des socialistes lui permettrait de se passer d'un pacte aussi délicat qu'improbable avec les nationalistes catalans et basques, très remontés par l'opposition agressive du PP contre leur ligne souverainiste.

Les socialistes avaient obtenu une majorité relative au parlement en 2004 et M. Zapatero avait été investi grâce au vote des députés de la coalition écolo-communiste d'IU et des indépendantistes de gauche catalans d'ERC.

M. Zapatero et Rajoy devaient conclure l'avant-dernière journée de la campagne électorale par des meetings en soirée dans leurs grands bastions électoraux respectifs de Barcelone (nord-est) et de Valence (est).
 

Première publication : 07/03/2008

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