Dernière modification : 08/03/2008 

- Bertrand Delanoë


Enjeu local ou national ?
Enjeu local ou national ?
A la veille du premier tour des élections municipales, certains candidats UMP redoutent de faire les frais de la baisse de popularité du président Nicolas Sarkozy.

Les Français feront-ils le choix d’une élection locale ou, au contraire, verront-ils ces élections comme un enjeu national ?

 

Après avoir été donné victorieux par plusieurs sondages, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, semble être rattrapé par son rival socialiste Jean-Noël Guérini. Le maire de la deuxième ville de France redoute un vote sanction. Il craint de faire les frais de la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis son accession au pouvoir. Du coup, pour se relancer dans la course, Jean-Claude Gaudin n’hésite pas à réajuster son discours, voire à prendre ses distances vis-à-vis de l’establishment parisien. "Nous ne sommes pas à Paris, a-t-il confié à FRANCE 24. Et même s’il y a une température rafraîchie là-bas, ce n’est pas la peine que nous la supportions ici". Et d’enchaîner qu’à Marseille, "ce n’est pas une élection nationale, mais celle d’un homme qui a son cœur et ses racines ici."

 

« Maire à plein temps »

 

Le scénario est presque identique à Périgueux, ville de 30 000 habitants située dans le Sud-Ouest. Son maire, Xavier Darcos, qui occupe aussi le poste de ministre de l’Education dans le gouvernement Fillon, craint de ne plus jouer les premiers rôles dans sa ville. Confronté à la remontée dans les sondages du candidat socialiste Michel Moyrand, Xavier Darcos joue une partie incertaine de son avenir politique local. Les électeurs lui reprochent sa proximité avec Nicolas Sarkozy, venu personnellement à Périgueux pour lui apporter son soutien, et la gestion à distance des affaires de sa commune.

 

Pourtant le ministre défend son bilan, estimant que sa ville s’est rajeunie et mieux équipée durant son mandat de maire sans que les impôts augmentent. Sans faire référence à l’UMP, il ne croit pas à un vote sanction : "Les électeurs sauront faire la différence, a-t-il dit à FRANCE 24. Ils savent qu’une fois qu’ils ont choisi un candidat, ils le garderont pour six ans". Un argument que son adversaire socialiste balaie d’un revers de main. Pour lui, on ne peut pas gérer la ville de Paris par téléphone et au jour le jour. "Il faut être un maire à temps plein, plus près du terrain et à l’écoute des citoyens".

 

Sarkozy, qui semble avoir compris le message en provenance du terrain, s’est gardé ces derniers jours de faire des déclarations sur les élections municipales, faisant sien le proverbe "la parole est d’argent, le silence est d’or".

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