Le lanceur européen Ariane 5 décollera dans la nuit de samedi à dimanche pour mettre sur orbite le premier vaisseau européen de ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS).
La fusée s'arrachera du pas de tir de Kourou à 01h03 heure locale (dimanche 04h03 GMT) avec à son bord le premier exemplaire du module ATV (Automated Transfer Vehicle), a précisé Arianespace, qui gère les lancements d'Ariane.
Une heure et six minutes après le décollage, le module conçu par l'Agence spatiale européenne (ESA) sera placé sur orbite basse, à 260 kilomètres d'altitude.
Baptisé Jules Verne, ce module de 20 tonnes, chargement compris, est un cylindre haut de 10 m sur 4,50 m de diamètre.
Construit par un consortium d'industriels européens mené par EADS Astrium, l'ATV Jules Verne transporte une cargaison de 8,3 tonnes, dont plus de 6,5 tonnes de carburant, mais aussi de l'eau, de la nourriture, des vêtements et de l'oxygène pour l'équipage de l'ISS et des pièces détachées pour le laboratoire européen Columbus.
Deux manuscrits de l'écrivain qui lui a donné son nom compléteront le chargement.
Une fois arrimé à la station, l'ATV doit aussi rehausser l'orbite de l'ISS pendant trois mois avant de s'en détacher et aller brûler dans l'atmosphère, avec les déchets de la station spatiale.
Le défi du rendez-vous spatial
L'arrimage est prévu vers le 3 avril, selon l'ESA.
Ce rendez-vous dans l'espace constituera une première pour l'Europe. "C'est un défi car il faut arriver à se faire se rencontrer au même endroit et au même moment deux véhicules qui voyagent à 28.000 km/h", a expliqué à Reuters Jean-François Clervoy, astronaute à l'Agence spatiale européenne.
"C'est comme voler en patrouille serrée pour les avions de la patrouille de France, mais à 28.000 km/h. Le rapprochement doit se faire avec une précision du centimètre, à une vitesse de quelques centimètres par seconde", a précisé le spationaute. "On a choisi pour notre vaisseau une technique très innovante, avec un haut niveau d'automatisation. Il faut absolument maîtriser le rendez-vous spatial si on veut aller plus loin, vers la lune ou Mars."
Pour Jean-Michel Desobeau, d'Arianespace, ce lancement ouvre deux "nouvelles portes": d'abord pour le lanceur aérien celle des vols habités. Ensuite pour Kourou, "qui devient l'une des trois bases au monde d'où partent des véhicules pour la Station spatiale internationale".
Cette mission inaugure une série de cinq lancements ATV prévus ces prochaines années sur une Ariane 5, pour le compte de l'Agence spatiale européenne, à destination de l'ISS.
Pour ce vol, Ariane 5 est utilisée dans sa version ES, avec un deuxième étage, l'EPS (étage à propergols stockables), qui sera allumé trois fois: la première fois neuf minutes après le lancement, pour huit minutes de combustion, afin d'amener le vaisseau Jules Verne en phase balistique autour de la terre, la deuxième fois pendant trente secondes, une heure et deux minutes après le décollage, pour déposer l'ATV à 260 km d'altitude, et une troisième fois deux heures et 28 minutes pour faire entrer l'EPS dans l'atmosphère et amener d'éventuels débris au dessus de l'océan Pacifique.
Le coût de ce premier ATV, que ce soit son développement ou sa fabrication, s'élève à 1,3 milliard d'euros, selon l'ESA, l'Allemagne et la France étant les deux principaux Etats contributeurs.
La décision de lancer ce programme a été prise lors de la conférence ministérielle de Toulouse, en 1995. La mission ATV est le 181e lancement d'Ariane et le 37e d'une Ariane 5.














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