- Élections législatives - Malaisie
Les Malaisiens ont voté samedi pour renouveler leur Parlement fédéral sur fond de tensions ethniques et de fort mécontentement social dans cette mosaïque de plus de 27 millions d'habitants.
Des incidents ont éclaté en marge du scrutin, convoqué après la dissolution du Parlement le 13 février à l'initiative du Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi.
La police a fait usage de gaz lacrymogènes dans l'Etat de Terengganu (nord) pour disperser quelque 300 partisans du Pan-Malaysian islamic party (PAS) qui ont arrêté des véhicules et confisqué des dizaines de cartes d'identité, selon le chef de la police Musa Hassan.
Le PAS accuse le Premier ministre et ses alliés d'avoir fait affrété des véhicules pour convoyer des "électeurs fantômes".
Quasiment sûre d'être reconduite, la coalition gouvernementale au pouvoir pourrait cependant voir sa prééminence rognée au profit de l'opposition qui a su catalyser les mécontentements.
Abdullah Ahmad Badawi, dont le mandat expire en 2009, dirige l’Organisation Nationale pour l’Unité Malaise (UMNO), principale composante du Barisan Nasional (Front national), une coalition multi-ethnique de 14 partis au pouvoir depuis 1957.
Aux commandes depuis 2003, le chef du gouvernement a accusé une sévère baisse de popularité. Il a d'ores et déjà concédé que le Barisan aurait du mal à renouveler ses scores de 2004 lorsqu'il avait ravi plus de 90% des sièges du Parlement qui en comptera 222 au terme du scrutin de samedi.
La Fédération de Malaisie, qui a fêté en août les 50 ans de son indépendance de la Grande Bretagne, est en proie à des tensions ethniques croissantes entre Malais (60%), Chinois (25%) et Indiens (8%).
Le Premier ministre Badawi ne s'est d'ailleurs pas privé de brandir le spectre de violences communautaires si le Barisan n'était pas reconduit.
En mai 1969, à la suite d'un revers électoral du Barisan, des émeutes contre la minorité chinoise avaient éclaté dans la Fédération, où la Constitution garantit la liberté religieuse aux minorités ethniques même si l'islam est religion officielle.
La minorité chinoise est très influente dans le monde des affaires et sa réussite provoque parfois la réaction violente des Malais, surtout en période de difficultés économiques comme ce fut le cas au plus fort de la crise asiatique de 1997.
Sur le chapitre social, le gouvernement est la cible d'un mécontentement général lié à une flambée des prix et une hausse de la criminalité.
Le 10 novembre 2007, une manifestation avait réuni quelque 30.000 personnes, la plus importante depuis le mouvement lancé en 1998 après le limogeage de l'ancien vice-Premier ministre Anwar Ibrahim.
C'est justement contre ce dernier, revenu en force en politique, que le gouvernement a récemment concentré ses attaques.
Anwar Ibrahim, alors dauphin de l'ex-Premier ministre Mahathir Mohammad, avait été renvoyé en septembre 1998 puis condamné pour corruption et actes de sodomie. Il s'était dit victime d'une machination politique pour l'empêcher de s'opposer au Premier ministre avec qui il était en désaccord.
Il a été libéré en septembre 2004 après que la justice a annulé sa condamnation. Inéligible jusqu'en avril, il a toutefois mené la campagne du parti d'opposition Keadilan, présidé par sa femme. Celle-ci a annoncé que si elle était élue, elle se retirerait au bénéfice de son époux.
Les résultats sont attendus dans la soirée.




























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