Dernière modification : 09/03/2008 

- France - Jean Sarkozy - Nicolas Sarkozy


EN DIRECT : édition spéciale municipales
44 millions d'électeurs sont appelés à voter pour le 1er tour des municipales et des cantonales. A 17 heures, la participation était de 56,3%, contre 53,3% en 2001.

Le président Nicolas Sarkozy affronte son premier test électoral à la faveur d'élections municipales dominées généralement par les enjeux locaux mais que l'opposition veut convertir en vote sanction à l'échelle nationale, dix mois après son entrée à l'Elysée.

 

La participation à ce scrutin, qui comptait près de 280.000 candidats, était de 56,25% à 17h00, contre 53,28% à la même heure au premier tour en 2001. Environ 45 millions d'électeurs sont convoqués aux urnes dans près de 37.000 communes.

 

Ce scrutin municipal et cantonal s'annonce périlleux pour la majorité présidentielle, qui pâtit de la forte impopularité du chef de l'Etat et d'une conjoncture économique morose.

 

Dans un tel contexte, l'UMP affiche des objectifs modestes : limiter les dégâts en regard de l'embellie bleue de 2001 - 35 villes de plus de 30.000 habitants ravies à la gauche. Une victoire qui fut ternie par la perte de Paris et Lyon.

 

Le Parti socialiste, secoué par des luttes internes et en quête d'un second souffle, s'estime en mesure de conquérir 30 des 47 cités de plus de 20.000 habitants perdues en 2001. Son premier secrétaire, François Hollande, qui livre une dernière campagne à la tête du parti, a toutefois refusé d'anticiper une victoire annoncée de crainte de démobiliser l'électorat.

 

Toulouse, Strasbourg, Quimper, Rouen, Caen, Chartres, mais aussi Laval, Angoulême, Amiens, Saint-Etienne, Blois, Tarbes, Cahors, Le Havre, Dieppe : autant de villes qui pourraient passer au rose ou au rouge pour les six prochaines années.

 

Défaite personnelle pour Sarkozy ?

 

Dopée par la chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages, la gauche se prend à rêver de Marseille pour prise de guerre et des cadres UMP n'excluent pas en privé cette "catastrophe". Bordeaux, où l'ancien Premier ministre Alain Juppé est donné favori, et Nice, grâce à Christian Estrosi, resteraient seules ancrées à droite parmi les dix premières villes de France.

 

Un Français sur deux (50%) estime que la perte de plusieurs grandes villes par la droite serait une défaite personnelle pour Nicolas Sarkozy, selon un sondage BVA pour L'Express.

 

La droite a misé sur l'ouverture en ralliant sur ses listes un millier de transfuges, venus notamment de la gauche et du Mouvement Démocrate, dans les villes de plus de 10.000 habitants : elle brigue ainsi Angers, Belfort, Chaumont ou Chambéry.

 

Avec 20 des 22 régions sous son contrôle, le PS vise "une forme de cohabitation territoriale", au risque de s'engourdir dans un "socialisme municipal" fermé à toute destinée nationale.

 

Les attentes déçues de l'électorat de Nicolas Sarkozy, en particulier au sein des classes populaires, devraient peser dans les urnes, à la mesure de la désillusion née de l'érosion de son pouvoir d'achat, thème sur lequel le chef de l'Etat avait polarisé sa campagne avant d'être largement élu.

 

A entretenir la confusion sur sa stratégie - politisation d'enjeux locaux ? -, l'exécutif a pris le risque de susciter un référendum sur le sarkozysme, tempéré par la popularité ascendante du Premier ministre, François Fillon. Au point que nombre de candidats ont remisé le logo UMP et pris diplomatiquement leurs distances avec l'Elysée.

 

Boucs émissaires

 

Les 22 ministres et secrétaires d'Etat (dont 11 têtes de liste) qui vont à la bataille pourraient en subir les conséquences, boucs émissaires aisés d'un électorat déconcerté et anxieux.

 

Pour contre-feux, la droite accuse la gauche de tromper les électeurs avec la chimère d'un vote avertissement et l'augure alarmiste d'une cure d'austérité post-électorale.

 

Dans le nouvel affrontement bipolaire qui se dessine, le Modem de François Bayrou - le "3e homme de la présidentielle" se présente à Pau - jouera sa légitimité, voire sa pérennité.

 

A Paris, où Marielle de Sarnez est créditée d'environ 11% d'intentions de vote derrière Françoise de Panafieu (UMP), le MoDem est l'objet des attentions de Bertrand Delanoë (PS) et entretient l'incertitude sur un éventuel "accord de partenariat" au second tour dimanche prochain avec le maire sortant, donné grand favori pour obtenir un second mandat.

 

Le Front national, affaibli, espère faire de la conquête d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le symbole du sursaut sous l'impulsion de Marine Le Pen. Jean-Marie Le Pen estime que son parti, présent dans 85 villes de plus 10.000 habitants, a des "chances réelles" à Noyon (Oise) et Cluses (Haute-Savoie).

 

Après le score désastreux de Marie-George Buffet à la présidentielle (1,93%), le Parti communiste, qui compte 743 villes, table sur une embellie territoriale en dépit de luttes fratricides avec le PS - sept primaires - en Seine-Saint-Denis.

 

Les Verts (1,57% pour Dominique Voynet à la présidentielle) luttent eux aussi pour leur survie et ont fait le choix de la realpolitik, optant majoritairement pour des alliances locales avec les socialistes. Ils présentent des listes dans 58 villes de plus de 20.000 habitants, contre près de 80 en 2001.

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