Partisans du gouvernement et de l'opposition ont fêté dimanche la victoire de leur camp respectif aux élections législatives de la veille à Malte alors même que les responsables politiques affirmaient que les résultats étaient trop serrés pour déclarer le vainqueur.
La commission électorale publie généralement une projection au début des opérations de dépouillement mais à en croire les responsables tant du Parti nationaliste au pouvoir que du Parti travailliste (opposition), semblable projection est impossible dans l'état actuel tant est réduit l'écart entre les deux formations.
Le taux de participation s'est établi à 93,3%, un chiffre médiocre selon les normes en vigueur dans l'île méditerranéenne. Lors des dernières législatives de 2003, 96% des inscrits avaient voté.
Dans la matinée, les travaillistes semblaient s'acheminer vers une victoire qui mettrait un terme à une décennie de "traversée du désert", ce qui a poussé un certain nombre de sympathisants à faire la fête en plusieurs endroits de l'île.
Mais au fur et à mesure des opération de dépouillement, les nationalistes étaient donnés vainqueurs, et les supporters du parti au pouvoir célébraient à leur tour dans la rue.
Les sondages indépendants sont rares à Malte mais une étude réalisée pour un journal dominical la semaine dernière donnait une courte victoire aux nationalistes, qui avaient pourtant été à la traîne au début d'une campagne électorale longue de cinq semaines.
Premier scrutin depuis l'entrée dans l'UE
Il s'agissait des premières élections organisées sur l'île depuis que Malte a adhéré en 2004 à l'Union européenne.
Le Parti nationaliste du Premier ministre sortant Lawrence Gonzi a promis d'importantes baisses d'impôts et a exhorté les électeurs à récompenser son bilan économique, qui repose sur une solide croissance et des créations d'emplois.
En tant que ministre des Finances, Gonzi, 56 ans, a restructuré l'économie et les finances publiques, permettant ainsi à Malte de rejoindre la zone euro le 1er janvier.
Le leader travailliste Alfred Sant, de son côté, s'est opposé farouchement à l'entrée de son pays dans l'UE, gelant même sa candidature quand il fut Premier ministre, pendant 22 mois, entre 1996 et 1998. Les nationalistes ont relancé la procédure dès leur retour au pouvoir.
Gonzi affirme que les travaillistes sont encore méfiants vis-à-vis de l'Europe et qu'ils veulent rouvrir le dossier des conditions d'adhésion.
Sant, 60 ans, a dit ne vouloir renégocier que l'interdiction de toute subvention aux chantiers navals maltais à compter de la fin de l'année et les règles encadrant l'agriculture.
Deux petits partis concourent également mais Malte, dont la population n'est que de 400.000 personnes, n'a pas vu de parti autre que les deux principaux au Parlement depuis plus de 40 ans.
L'an dernier, l'île a enregistré une croissance de 4,3% de son PIB, soit deux fois la moyenne de l'UE.














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