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L'ombre de l'ETA plane sur les législatives

©

Dernière modification : 09/03/2008

Les Espagnols élisent leurs députés, deux jours après l'assassinat d'un ex-élu au Pays basque. Le taux de participation est de 61% à 18h, contre 59% en 2004. (Récit E. Allain)

Les Espagnols ont voté nombreux dimanche lors de législatives décidant du maintien du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, donné favori, ou du retour de la droite de Mariano Rajoy, dans un pays sous le choc de l'assassinat d'un ex-élu socialiste vendredi au Pays Basque.
  
A une heure et demie de la fermeture des bureaux de vote, la participation était soutenue, mais en recul de deux points par rapport aux élections de 2004, remportées grâce à un net sursaut de participation par M. Zapatero, alors chef de l'oppostion, trois jours après les attentats islamistes de Madrid (191 morts).
  
La participation était de 61,09% à 18H30 (17H30 GMT), contre 63,02% en 2004 à la même heure, a annoncé le secrétaire d'Etat à la Communication Fernando Moraleda à la télévision.
  
"J'espère que les gens vont voter contre tout ce qui s'est passé", confiait dimanche matin José Angel, ami d'enfance du militant socialiste assassiné Isaias Carrasco, après avoir voté sous la grisaille dans la ville industrielle basque de Mondragon (nord).
  
M. Zapatero, sourire contenu aux lèvres, a voté à Madrid vers 10H30, suivi une demi-heure plus tard, dans un autre bureau de vote de la capitale, par son rival conservateur Mariano Rajoy.
  
"J'espère que ce sera une journée de forte participation, une journée démocratique pour un pays exemplaire", a déclaré M. Zapatero, applaudi par certains électeurs et hué par d'autres aux cris de "Zapatero dehors!".
  
"Mon unique souhait en ces moments (...) est que la seule information soit" la victoire du camp "qu'auront choisi l'ensemble des citoyens espagnols", a déclaré M. Rajoy.
  
Quelque 35 millions d'Espagnols étaient appelés aux urnes pour élire les 350 députés de leur parlement au suffrage universel direct sur liste à un tour, et une partie du Sénat (208 sièges sur un total de 264).
  
Hormis quelques incidents au Pays Basque et en Navarre, où des inconnus ont détruit des urnes en relayant le mot d'ordre à l'abstention des partis indépendantistes et de l'ETA, le scrutin se déroulait normalement dans un pays placé sous alerte antiterroriste maximum.
  
Les bureaux de vote devaient fermer à 20H00 (19H00 GMT) et les résultats être annoncés dans la soirée.
  
Les derniers sondages, publiés lundi, créditaient le PSOE de M. Zapatero, candidat à un second mandat, d'une victoire à la majorité relative, avec une avance d'environ quatre points sur le Parti populaire (PP) de M. Rajoy.
  
Mais la presse espagnole s'interrogeait sur l'impact potentiel des images des funérailles d'Isaias Carrasco, samedi à Mondragon, et de l'appel émouvant et ferme à aller "voter pour vaincre l'ETA" lancé par sa fille aînée Sandra.
  
Le quotidien libéral El Mundo craignait que cela ne provoque un vote de "sympathie" en faveur des socialistes, alors que l'histoire a donné selon lui raison à la droite qui s'était farouchement opposée à la négociation manquée du gouvernement de M. Zapatero avec l'ETA en 2006.
  
"L'objectif" des conservateurs "qui commencent à répandre l'idée" que l'assassinat de l'ex-élu socialiste pourrait provoquer une nette victoire de M. Zapatero "n'est autre que de délégitimer le verdict d'aujourd'hui s'il n'est pas à leur goût", répondait en écho le quotidien de centre gauche El Pais.
  
Une forte participation pourrait favoriser M. Zapatero, l'électorat socialiste étant généralement plus porté à l'abstention que celui de la droite. La participation avait été de 75,66% en 2004.
  
M. Zapatero avait récemment multiplié les appels à la participation, craignant que son statut de favori ne démobilise ses sympathisants.
  
M. Rajoy en appelait lui aux déçus du socialisme, surfant sur l'inquiétude des Espagnols face au récent ralentissement économique et à une immigration "incontrôlée" qu'il veut juguler.
 

Première publication : 09/03/2008

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