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Les socialistes de Zapatero remportent les législatives

Dernière modification : 10/03/2008

Les socialistes du chef du gouvernement sortant obtiendraient 171 sièges sur 350, sans toutefois avoir la majorité absolue. (Récit : P. Godart).

Les socialistes au pouvoir depuis 2004 en Espagne ont remporté dimanche une large victoire, sans pour autant obtenir la majorité absolue au Congrès des députés, selon les premiers résultats.

Alors que 54,2% des bulletins de vote étaient dépouillés, le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) devrait, selon les projections, remporter 171 sièges à la chambre basse, qui en compte 350, alors qu'il lui en faudrait cinq de plus au moins pour ravir la majorité absolue.

Les socialistes totalisent pour l'heure 45%, contre 39,1% pour le Parti populaire (PP, principale force de l'oppostion de droite), qui devrait obtenir 150 sièges.

 En l'état actuel des choses, les projections marqueraient un gain de sept sièges pour les socialistes et de deux sièges pour le PP par rapport à la chambre sortante, élue en mars 2004.

 "Nous pouvons constater en toute certitude que le Parti socialiste a gagné", a déclaré lors d'une conférence de presse le secrétaire du PSOE José Blanco.

Avec les chiffres qui sont avancés, Zapatero n'aura peut-être guère besoin de courtiser de petites formations pour faire adopter des lois durant les quatre ans de la nouvelle législature.

Les nationalistes catalans de la CiU, avec 2,9% des voix, auraient 10 sièges, la Gauche unie (IU), avec 4% des voix, trois sièges, le PNV (nationalistes basques) six sièges et la gauche catalane ERC trois sièges.

La campagne s'est concentrée principalement sur le ralentissement du boom économique mais l'assassinat, vendredi, d'un ancien conseiller municipal socialiste, Isaias Carrasco, imputé par la classe politique aux séparatistes basques d'ETA, a rappelé aux électeurs la persistance d'une forte polarisation politique autour du statut de certaines régions.

Baisse attendue de la croissance

Depuis l'échec de l'amorce de dialogue voulu par le gouvernement socialiste avec les clandestins basques, le Parti socialiste ouvrier espagnol et le PP de Mariano Rajoy rejettent cependant tous deux la négociation avec les "etarras".

Selon des politologues, ce meurtre ne devait pas modifier radicalement l'issue du scrutin, que Zapatero abordait avec l'étiquette de favori, contrairement aux dernières élections qu'il a remportées à la surprise générale, en 2004, après des attentats perpétrés par des islamistes à Madrid.

En s'obstinant à attribuer ces attaques meurtrières aux séparatistes basques, la droite au pouvoir avait alors provoqué l'indignation d'une partie de l'électorat et précipité le retour aux responsabilités du PSOE.

Les programmes des deux partis divergent surtout sur l'économie et sur l'immigration, dont le chef de file de l'opposition conservatrice a fait un thème principal d'une élection pour la première fois dans l'histoire de la démocratie espagnole.

Après des années de boom économique porté par le BTP et la facilité d'accès au crédit, la conjoncture espagnole marque aujourd'hui le pas. La croissance du PIB, supérieure à 4% il y a un an, devrait retomber cette année à 2%, un niveau sans précédent depuis le début des années 1990.

Face à la dégradation de leur pouvoir d'achat et inquiets par les perspectives du marché du travail, nombre d'Espagnols considèrent désormais les immigrés comme des concurrents. Le boom économique s'est accompagné d'un afflux sans précédent d'immigrés (plus de trois millions depuis huit ans).

Rajoy et le PP ont lié ces deux thèmes, le chef de file de la droite dénonçant même une "immigration échappant à tout contrôle".

 

Première publication : 09/03/2008

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