Dernière modification : 10/03/2008 

- Bertrand Delanoë - Paris - Parti socialiste


La gauche en position de force avant le deuxième tour
Les socialistes partent favoris pour le deuxième tour des élections municipales et cantonales. A Paris, Bertrand Delanoë (photo) dispose d'une confortable avance.
Ces élections ont été pour le président Sarkozy un test grandeur nature. A la lumière des résultats du premier tour de ces élections municipales, pensez-vous que les scores obtenus soient le reflet de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ? Peut-on parler de victoire pour les socialistes ? Si c’est le cas, pourquoi cette avance est-elle si faible ? Cliquez sur 'réagir', vos questions sont susceptibles d'être mentionnées dans notre émission Le Débat de France 24, à 19h10 (GMT+1).

 
Au soir du premier tour des élections municipales et cantonales, la droite ne s’est pas appesantie sur la défaite relative de son camp, donné perdant avec 45 % des voix contre 47 % à gauche. Le président Nicolas Sarkozy a laissé le soin à son Premier ministre François Fillon de s’exprimer, restant fidèle au ton qu’il avait adopté la semaine dernière. Dans une interview au Figaro donnée le 6 mars, il avait qualifié le scrutin de simple "péripétie" qui ne changerait rien à sa politique de réformes.
 
"Le second tour est plus que jamais dans les mains des électeurs",  a déclaré François Fillon dimanche soir. Voulant couper court aux spéculations sur la valeur de sanction des résultats, il a invité les électeurs à voter "en pensant d’abord à l’intérêt de [leurs] communes et de [leurs] territoires parce que c’est bien de cela qu’il est question". "La politique de la nation a été débattue et tranchée par les Français au printemps 2007", a-t-il ajouté en guise d’explication.
 
L’écart a beau être plus faible qu’annoncé par les sondages,  les électeurs n’en ont pas moins lancé un avertissement à un gouvernement jugé inefficace dans sa lutte contre la morosité économique. "C’est aussi le premier test grandeur nature pour Nicolas Sarkozy et l’occasion de dire ‘on est là, vous nous avez promis des choses, maintenant il faut les faire et les adapter’", explique Roselyne Fèbvre, spécialiste de la politique française à FRANCE 24.
 
"Je ne pense pas que les électeurs se sont déterminés par rapport à un style Sarkozy", tempère Charles Jaigu, journaliste au Figaro interviewé par France 24. "Il y a certainement une mauvaise humeur, comme en témoigne la popularité décroissante du président. Mais il y a aussi une réalité municipale. La droite possédait un nombre de villes très important en 2001 et il était prévisible que la gauche en reconquière un certain nombre."
 
 
Victoire relative  de la gauche
 
De fait, les listes de gauche, socialistes en tête, percent par rapport aux résultats des municipales de 2001. A deux réserves près. D’une part, leurs gains pour l’instant ne sont pas aussi importants que l’avaient laissé espérer les sondages. D’autre part, le taux de participation de 61 % est faible comparé à celui de 2001 qui tournait autour de 67 %.
 
Le maire sortant socialiste, Bertrand Delanoë, semblent bien parti pour conserver son poste à Paris. Tandis qu'à Lyon, le sénateur-maire (PS) Gérard Collomb est assuré de sa réélection, après avoir remporté six arrondissements sur neuf dès dimanche soir. Des capitales régionales comme Nantes ou Dijon leur sont déjà acquises et les villes de Rouen et Rodez ont été ravies à la droite dès le premier tour. La gauche semble également bien positionnée pour remporter Reims, Caen ou Strasbourg au deuxième tour. La victoire s’annonce plus incertaine à Marseille et Toulouse.
 
La droite a tout de même de quoi se consoler. La très grande majorité des membres du gouvernement a été réélue ou est en passe de l’être. La victoire d’Alain Juppé à Bordeaux est la plus symbolique de toutes. Il avait été contraint à démissionner de son poste de ministre de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables au gouvernement après sa défaite aux élections législatives de juin dernier.  Il se maintient à la mairie de Bordeaux avec 56,62 % des voix.
 
 
Les socialistes, à l’image de François Hollande, ont affiché une certaine humilité dans la victoire. S’il a rappelé que les résultats traduisent "la volonté d’avertir le président et le gouvernement sur la politique qui est menée depuis neuf mois et notamment sur le pouvoir d’achat", le premier secrétaire du parti, a aussi reconnu que "tout reste ouvert, rien n’est gagné ou joué".
 
Seule Ségolène Royal, l’adversaire déçue de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de mai 2007, a rompu avec ce ton policé en disant du scrutin qu’il était "d’abord un vote sanction" et en alertant l’opinion qu’il fallait "que ce vote sanction s’amplifie dimanche prochain sinon rien ne changera."
 
Une déclaration qui selon David Crossan, spécialiste de la politique française à FRANCE 24, illustre bien l’ambiguïté des résultats : "quand Ségolène Royal dit qu’il s’agit d’un 'vote sanction', cela signifie-t-il que l’électorat n’a pas non plus tout à fait choisi de voter pour la gauche ?" Pour Christian Makarian, directeur adjoint de la rédaction de L’Express, il ne fait pas de doute que "le parti socialiste a profité du fait qu’il était le seul parti d’opposition", ainsi qu’il l’a expliqué à FRANCE 24.
 
 
Le MoDem en position d’arbitre
 
Dans ce contexte, il devient crucial pour la droite comme pour la gauche de mobiliser leurs électeurs en vue de dimanche prochain. "Les résultats seront très, très serrés dans de très nombreuses villes", a déclaré Xavier Bertrand, le ministre du Travail lui-même élu conseiller municipal à Saint-Quentin, dans l’est de la France, lundi matin sur Europe 1. Résumant la position de la majorité, il a ajouté : "ce qui commence aujourd'hui, certains pourraient dire c'est la deuxième mi-temps des municipales, c'est quasiment une nouvelle élection que ce deuxième tour."
 
 
En attendant, les tractations en coulisse pour former des alliances ont déjà commencé.
Le parti centriste du Modem, qui n’a recueilli que 4 % des voix, pourrait peser ponctuellement. Son dirigeant François Bayrou s’est refusé à donner une consigne de vote générale, mais il pourrait ne pas rester insensible aux appels de l’UMP qui lui offre en échange de le soutenir à Pau contre la candidate socialiste. Les socialistes font eux pour l’instant la sourde oreille, à l’image de Bertrand Delanoë à Paris qui n’a pas caché qu’il préférait s’allier aux Verts plutôt que de  s’unir au Modem pour le deuxième tour.

Commentaires (2)

Les Français sont trop impatient.

Ce n'est pas en défaisant tout de suite ce que l'on essaie de construire que l'on fait avancer les choses. Les français sont impatient et je le suis aussi, mais personne ne peut tout rebatir en moins d'un an. Les Français ont choisi la politique qui leur convenait le mieux au mois de mai dernier. Alors laissons une chance à Nicolas Sarkozy. Et si dans plusieurs mois rien ne va mieux, alors là, oui descendons dans la rue ! Mais ne cassons pas ce qui se construit sans en connaître le résultat. Je constate que ce sont ceux qui n'ont aucune idée nouvelle à proposer qui critiquent le plus. C'est stupide et en plus on en oublie complètement que l'on vote pour une femme ou un homme qui va s'attaquer aux problèmes de notre ville. Hé oui, ségolène Sarkozy c'est plus d'actualité, puisque vous avez déjà choisi !

Les muncipales

Les français, encore une fois, n'ont rien compris. Arrogants et prétentieux, oui, ils savent faire. Mais en votant à gauche (pour venger la défaite de mai 2007), ils vont au de-vant des augmentations des impôts locaux. Ils se plaignent d'avoir des fins de mois difficiles, leur pouvoir d'achats au plus bas, mais ils votent à gauche pour payer plus d'impôts locaux. C'est un comble! Avoir la chance de voter, c'est donner la possibilité au pouvoir élu de nous aider à remonter la pente, au lieu de glisser vers le bas, comme vous le faites avec les municipales. Pauvres français! et là, on n'entends plus les syndicats. (voir Capital sur M6 où la CGT a volé dans les caisses des CE de la Sncf, gonfler les factures de restaurants ou d'emplois fictifs, etc..) et en plus, ils vont manifester pour emmerder les français dans la rue. Si voter, c'est se venger, c'est éprouver de la haine comme le montrent les socialistes, notre Président a beaucoup de mérite d'aimer la France et beaucoup de courage d'essayer de la redresser malgré qu'on lui tire dans les pattes. Mais les français savent se montrer INGRATS. D'ailleurs, c'est tout ce qu'ils savent faire : critiquer, juger, intolérants, racistes, et j'en passe...

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