Le Medef et l'UIMM, engagés depuis dix jours dans une crise sans précédent, ont joué l'apaisement lundi, insistant sur la nécessaire "unité" du patronat, même si le bureau du Medef a de nouveau récusé fermement les "pratiques" de la fédération métallurgique.
Lundi, ce bureau a réaffirmé "à l'unanimité" qu'"il ignorait tout des pratiques de l'ancien président de l'UIMM". "Il les réprouve à nouveau avec la plus grande fermeté et sans réserve", selon un bref communiqué du mouvement, publié à l'issue de la réunion.
Il a également "réaffirmé son attachement aux valeurs de transparence, de modernité et d'unité qui doivent caractériser le patronat du XXIème siècle".
De son côté, le président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Frédéric Saint-Geours, a "rappelé que la modernisation du patronat ne se ferait pas sans son unité et qu'il poursuivrait le dialogue avec Mme Parisot sur le sujet".
Selon une source proche de la fédération, M. Saint-Geours a suggéré au bureau d'engager une modernisation qui ne se limiterait pas à la seule UIMM.
C'est "dans une ambiance très apaisée" qu'il s'est entretenu, juste avant la réunion, avec la présidente du Medef, Laurence Parisot, a-t-on appris de même source.
Rien à voir donc avec le climat "glacial" qui avait marqué mardi dernier leur premier entretien depuis le début de la crise.
"Nous avons convenu avec Mme Parisot de nous revoir prochainement", a affirmé M. Saint-Geours à la presse.
En apparence, les tensions semblaient donc un peu retombées lundi. Mais l'épineuse question des mandats (Unedic...), que des membres de l'UIMM exercent au nom du Medef dans des instances nationales et dont Laurence Parisot exige la "remise à plat", n'a pas été évoquée.
La présidente du Medef avait indiqué samedi son intention de réunir "sous dix jours" le comité des mandats du Medef, dans lequel siège Frédéric Saint-Geours, pour préparer cette remise à plat.
La question "sera posée dans quelques temps", a affirmé Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires et membre du bureau du mouvement patronal.
"Bien sûr qu'il y a des problèmes, mais on essaye de les résoudre sans que cela apparaisse comme une guerre permanente entre le Medef et ses fédérations", a-t-il ajouté.
Hugues-Arnaud Mayer, membre du bureau et président du Medef Auvergne, a de son côté qualifié la réunion de "très constructive".
"On repart vers une union sérieuse et pleine d'avenir", a-t-il estimé. "On a tous les mêmes objectifs (...), la défense des entreprises françaises. Il n'y a pas de scission au sein du Medef", a-t-il assuré.
Selon une source proche de l'UIMM, si Mme Parisot a semblé vouloir se rapprocher du patron de l'Union, c'est parce que plusieurs fédérations lui ont reproché de ne pas l'avoir soutenu plus tôt.
Durant le week-end, les tensions au sein du patronat étaient montées d'un cran. L'ancien président de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac et son prédécesseur, Daniel Dewavrin, ont accusé Mme Parisot d'avoir été au courant plus tôt qu'elle ne le dit de l'existence d'un système de retraits en espèces des caisses de la fédération de la métallurgie.
Une accusation aussitôt réfutée par Mme Parisot, qui a décidé de porter plainte au pénal pour diffamation.
Lundi, Arnaud Leenhardt, ancien président de l'UIMM, a affirmé dans un entretien au Monde avoir "entendu la même chose" que Daniel Dewavrin.

























