10 mars 2008 - 06H20
- Malaisie

Avenir politique incertain pour Badawi en Malaisie
Au lendemain d'un revers électoral aux législatives, le Premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi a été officiellement investi pour un second mandat malgré les appels à la démission.

Le Premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi a été officiellement investi lundi pour un second mandat malgré les appels à la démission lancés après le revers subi aux législatives de samedi par la coalition gouvernementale.
  
Le chef du gouvernement, en costume traditionnel, a prêté serment lors d'une cérémonie organisée au palais royal de Kuala Lumpur.
  
M. Badawi semble aujourd'hui très fragilisé après le scrutin qui marque un sérieux revers pour la coalition rassemblant 14 formations sous la houlette de son parti, l’Organisation nationale pour l’unité malaise (UMNO).
  
Cette alliance, baptisée le Barisan Nasional (Front national), a certes remporté les législatives et formera le prochain gouvernement, mais elle a réalisé son plus mauvais score depuis 1969 échouant à recueillir la majorité des deux tiers lui permettant d'amender à souhait la Constitution.
  
Lors du précédent scrutin de 2004, le Barisan avait raflé plus de 90% des sièges. Il n'en a décroché samedi que 137 sur 222.
  
"Pourquoi devrais-je démissionner?", a lancé dimanche soir M. Badawi à des partisans rasssemblés devant son domicile. "Nous avons gagné. Je ne crains personne hormis Allah. Je reste, je n'abandonnerai pas", a-t-il assuré.
  
Des voix se sont en effet élévées pour réclamer sa démission, dont celle de l'ancien Premier ministre Mohamad Mahatir. "Je pense qu'il devrait assumer ses responsabilités. Il devrait assumer 100% de ses responsabilités", a-t-il estimé.
  
Les élections de samedi ont consacré la revanche de l'opposition qui a ravi quatre des douze Etats de la Fédération et en contrôle désormais cinq.
  
Convoquée après la dissolution du Parlement le 13 février, la consultation a aussi marqué le spectaculaire retour de l'ancien vice-Premier ministre Anwar Ibrahim, que le pouvoir avait tenté d'évincer par tous les moyens.
  
Son parti, le Keadilan, a remporté samedi 31 sièges, devenant le premier parti d'opposition au Parlement. Deux autres formations d'opposition, le parti d'action démocratique (DAP, 28 sièges) et le parti islamique pan-malaisien (PAS, 23 sièges) ont également tiré leur épingle du jeu.
  

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