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La Société générale avait besoin de 5,5 milliards d’euros, elle aurait pu en lever plus de 10 : l’augmentation de capital lancée par la banque française après les pertes exceptionnelles annoncées en janvier est un succès.
"Pour cette opération, la demande totale s’est élevée à 10,2 milliards d’euros, soit un taux de sur-souscription de 184 %", a annoncé la Société générale dans un communiqué mardi matin.
L’achat de nouvelles actions était réservé aux anciens actionnaires, qui pouvaient obtenir un titre à 47,50 € pour quatre en leur possession et se porter candidat à l’acquisition d’actions supplémentaires. Sur près de 100 millions de demandes complémentaires, la banque ne donnera satisfaction qu’à à peine plus d’un million.
L’action Société générale cotait 69,82 € le 11 février, jour de l’annonce de l’opération, et 64,30 € à l’ouverture mardi. Le prix proposé lors de l’augmentation de capital reste donc très attractif, malgré la baisse ininterrompue de la valeur du titre depuis le début l’été 2007.
La crise mondiale du crédit et l’annonce de 4,9 milliards d’euros de pertes le 24 janvier en raison de la fraude attribuée au trader Jérôme Kerviel ont fait perdre à l’action SocGen plus de la moitié de sa valeur depuis mai 2007.
"La décote offerte par la Société générale offre des conditions de souscription très intéressantes", explique à FRANCE 24 Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia Asset Management. "La question était de savoir dans quelle mesure l’augmentation de capital serait sur-souscrite."
Les actionnaires principaux de la Société générale, comme les assureurs Groupama ou CNP, se sont précipités sur les nouvelles actions. La Caisse des dépôts et consignations (CDC), bras financier de l’Etat français, a demandé un nombre de titres "très légèrement supérieur" à sa quote-part, a déclaré son président Augustin de Romanet dans un entretien avec le quotidien financier Les Echos lundi. "Nous avons en effet estimé que les projets de la Société générale justifiant cette augmentation de capital étaient créateurs de valeur", a-t-il ajouté.
Rumeurs d’OPA
Parmi les "historiques" présents lors de l’augmentation de capital, on retrouve le Crédit agricole, qui laisse entendre depuis janvier qu’il pourrait participer à une OPA sur la Société générale. Il s’est empressé de préciser qu’il n’avait pas participé à l’opération dans ce but.
Renforcée par cette arrivée d’argent frais, la banque n’est pas pour autant à l’abri d’une attaque extérieure. "Il y aura encore des rumeurs d’OPA, il y en a depuis 20 ans", rappelle Frédéric Buzaré. "Un groupe d’investisseurs a tenté de prendre le contrôle de la Société générale en 1989-1990, juste après sa privatisation. Puis la BNP, lors de sa fusion avec Paribas en 1999."
Selon lui, la banque continuera à susciter les convoitises : "elle a de beaux actifs, notamment sa banque de détail et des services financiers spécifiques, et le paysage bancaire européen est en recomposition."
Un autre spécialiste estime que les derniers freins qui empêchent un rachat de la Société générale sont "le management et les salariés", qui détenaient 7,17 % des actions avant l’augmentation de capital.
D’après lui, l’avenir de la banque est lié à celui de son président Daniel Bouton. "Son conseil d’administration l’a soutenu, mais ce sont tous des banquiers. Sont-ils vraiment indépendants ?", se demande-t-il avant de conclure : "Il y a toujours un problème de gouvernance à la Société générale."


























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