- Bertrand Delanoë - Paris - Parti socialiste
L'UMP et le Parti socialiste sont tentés par des accords locaux avec le MoDem, qui se trouve en position charnière dans de nombreuses grandes villes, le parti centriste ne donnant aucune consigne à l'échelle nationale.
Une position que François Bayrou a réitérée lundi soir en rejetant en particulier la main tendue par l'UMP.
"Je n'ai eu aucune négociation d'aucune sorte, je n'ai d'ailleurs eu aucun appel d'aucune sorte en provenance notamment
de l'UMP et je crois que dans tout ça il y a une grande part de bluff", a-t-il dit lors d'un point de presse.
Au lendemain du premier tour des élections municipales, l'UMP a fait lundi une offre d'échange de bons procédés au parti
créé par François Bayrou, dont le score national de 3,74% cache des performances plus significatives dans les grandes villes.
Pour sa part, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a encadré strictement d'éventuelles alliances
locales avec le MoDem.
Après Patrick Devedjian, le Premier ministre, François Fillon, a appelé à des alliances entre des candidats UMP et
d'autres de la formation centriste.
"Nous partageons beaucoup de choses ensemble mais en même temps, il doit y avoir un échange entre eux et nous sur cette question", a-t-il expliqué à la presse.
"Effectivement, dans un certain nombre de villes la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat", avait auparavant dit sur RTL Patrick Devedjian, qui a ensuite précisé à la presse qu'il n'envisageait qu'une discussion "globale".
"Nous sommes ouvert naturellement à une discussion mais elle ne peut se faire que sur la base de l'échange", a-t-il déclaré. "François Bayrou est en difficulté à Pau mais nous nous avons aussi quelques situations délicates comme à Saint-Etienne, par exemple, où les électeurs du Modem peuvent être utiles."
Au PS, tandis que l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal souhaitait dimanche des "alliances partout" avec le MoDem, François Hollande a dit lundi n'accepter que des alliances au cas par cas, et à condition que le parti centriste accepte les programmes de la gauche.
Il a fait remarquer que François Bayrou se présentait lui-même à Pau contre le PS. "Nous ne pouvons pas construire une
alliance avec quelqu'un qui n'en veut pas et qui a comme seul objectif de victoire ce matin la ville de Pau qui est une ville
dirigée par la gauche depuis 1971", a-t-il dit.
SITUATIONS DIVERSES
Le président du MoDem a en effet indiqué dès dimanche que son mouvement ne donnerait pas de consigne générale pour le second tour des municipales, mais examinerait la situation "ville par ville, candidat par candidat".
La situation personnelle de François Bayrou est délicate à Pau où, avec 32,61% des voix, il est devancé par la candidate PS Martine Lignères-Cassou (33,37%), et se place devant le maire sortant Yves Urieta (27,8%), soutenu par l'UMP.
Ce dernier a décidé lundi de se maintenir, ce qui risque de compliquer un peu plus les rapports entre l'UMP et le président du MoDem.
Patrick Devedjian avait placé la balle dans le camp du député centriste : "C'est lui qui est en situation de demandeur
à Pau, eh bien nous l'écoutons."
Les situations dans les principales grandes villes en ballottage se présentaient de manière très diverse lundi, le
MoDem penchant tantôt à gauche, tantôt à droite.
A Paris, Marielle de Sarnez, courtisée par l'UMP Françoise de Panafieu qui lui a proposé une alliance, s'est dite prête à
des partenariats à gauche, mais le socialiste sortant Bertrand Delanoë, fort d'un score élevé au premier tour de 41,9%, ne lui demande rien officiellement pour le moment.
Le parti centriste réalise un score global de 8,9% à Paris et, avec plus de 10%, peut se maintenir dans les Ve, VIIe et
XIVe arrondissements.
A Marseille, le MoDem Jean-Luc Benhamias, ancien élu des Verts, a annoncé dans la soirée qu'il allait fusionner avec les
listes de gauche emmenées par Jean-Noël Guérini, contre le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin.
A Strasbourg, la candidate MoDem Chantal Cutajar (5,74%), ancienne adjointe de la maire sortante UMP Fabienne Keller
entrée en dissidence, ne retournera pas vers elle et a fait l'éloge publiquement du candidat PS Roland Ries, arrivé
largement en tête au premier tour.
Un accord avec la droite est donc exclu même si les négociations avec Roland Ries ont échoué en fin de journée,
notamment en raison de réticences des Verts, avec lesquels le sénateur socialiste du Bas-Rhin s'était entendu dans la matinée.
A Toulouse, où le maire sortant UMP Jean-Luc Moudenc devance d'une courte tête le PS Pierre Cohen, le candidat MoDem Jean-Luc Forget (5,91%), ancien CDS, devait rencontrer les deux candidats.
































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