- Élections législatives - Iran - Mahmoud Ahmadinejad
TEHERAN, 11 mars - Pour les opposants au président conservateur Mahmoud Ahmadinejad, les élections législatives de vendredi en Iran n'offrent pas de véritable compétition entre sensibilités rivales et les conservateurs devraient garder sans surprise le contrôle du parlement, le Majlis.
Mais même une large victoire de ces conservateurs ne garantit pas au président des lendemains qui chantent, tant il est vrai que dans leurs rangs mêmes les critiques du chef de l'Etat ne manquent pas, attisées notamment par une situation économique difficile et une inflation de 19%.
Les adversaires les plus farouches d'Ahmadinejad, les réformistes qui prônent de vastes changements politiques et sociaux, ne se font guère d'illusion sur l'issue du scrutin du 14 mars, au cours duquel seront désignés les 290 membres du parlement. Plusieurs de leurs candidats n'ont même pas été autorisés à se présenter.
"Nous considérons cette élection (...) comme injuste et jouée d'avance. En fait, le sort de 160 des 290 sièges est déjà décidé avant même le jour du scrutin", a déclaré lors d'une réunion électorale le candidat réformiste Mostafa Tajzadeh.
"Les réformistes ne peuvent être dans la course que pour 130 sièges, ce qui signifie que même s'ils les remportent tous ils resteront la minorité", a-t-il ajouté.
Le scrutin sera plein d'enseignements sur les chances de réélection d'Ahmadinejad l'an prochain, même si la plupart des analystes estiment que le plus important pour lui est de conserver le soutien du chef suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khameneï.
Affichage politique interdit
La semaine de campagne a jusqu'ici été très discrète, d'autant que l'affichage politique dans les rues et les lieux publics était cette fois interdit.
Des banderoles des partis en lice sont seulement visibles dans les grandes artères de Téhéran et nombreux sont les électeurs qui peinent à s'y retrouver parmi les 4.500 candidats en compétition à travers le pays.
"Les affiches et les photos aidaient les gens à choisir. Là, c'est difficile, comment faire ?", s'interroge Ali Mehrabi, un chauffeur de 58 ans.
Pour les réformistes, l'interdiction de l'affichage, imposée par le parlement sortant largement dominé par les conservateurs qui contrôlent les médias, est encore une manière de truquer les cartes.
Une accusation que rejettent les autorités, qui affirment que cette décision a été prise pour éviter les gaspillages et donner leur chance aux candidats qui ne peuvent se payer un imprimeur.
Pour le camp conservateur, les réformistes cherchent de fausses excuses pour faire oublier leur impopularité.
"La population en a assez de leurs récriminations", a déclaré Mohammad-Reza Bahonar, l'un des candidats conservateurs qui brigue un nouveau mandat au nom du Front unifié, l'une des trois principales formations en lice, qui défend la politique économique du parlement sortant.
L'autre groupe conservateur engagé dans la campagne rassemble des rivaux d'Ahmadinejad comme Ali Larijani, ancien négociateur dans le dossier nucléaire.
La troisième formation est la Coalition des groupes réformateurs.
Ahmadinejad dispose de soldes appuis en province, où la situation économique est moins difficile que dans la capitale, grâce aux revenus de la manne pétrolière.
"Je me suis rendu dans des villages de province, là vous pouvez voir la différence", affirme Farhad Rahimi, 30 ans, membre de la milice religieuse Basij, l'un des principaux soutiens du chef de l'Etat.


























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