États-Unis - Irak - Iran
Dernière visite en Irak pour l'amiral Fallon
Mercredi 12 mars 2008
L'amiral Fallon, démissionnaire, effectue une visite surprise en Irak. Washington dément les rumeurs d'entrée en guerre contre l'Iran, provoquées par le départ de l'officier. (Récit : C. Molle-Laurençon)
Mercredi 12 mars 2008
Par AFPL'amiral William Fallon, chef des opérations militaires américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, dont la démission a été annoncée mardi, se trouvait mercredi en visite en Irak, a-t-on appris de source militaire américaine.
"Oui, l'amiral Fallon est actuellement à Bagdad", a indiqué à l'AFP un porte-parole du commandement américain, le lieutenant Michael Street.
Aucun détail n'a été donné sur le programme de cette visite, qui entre selon ce porte-parole dans le cadre des visites habituelles de l'amiral Fallon dans la région.
En tant que chef des opérations de l'armée américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale, l'amiral Fallon avait supervisé à partir de 2007 les deux guerres menées par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.
L'officier supérieur a présenté sa démission après avoir été décrit dans un article de presse comme un farouche opposant à la politique du président George W. Bush face à l'Iran, accusé par l'administration américaine de s'ingérer dans les affaires irakiennes et de chercher à se doter de l'arme nucléaire.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a annoncé mardi avoir accepté cette démission "avec réticence et regret".
L'amiral Fallon a justifié son départ en soulignant que "de récents articles de presse suggérant une différence entre mes opinions et les objectifs de la politique menée par le président ont provoqué de la distraction à un moment critique, et ont freiné les efforts du commandement dans la région".
Sa démission survient quelques semaines avant une nouvelle évaluation de la situation en Irak par l'administration américaine. Cette évaluation doit être présentée conjointement par le général David Petraeus, plus haut gradé américain en Irak et subordonné de l'amiral Fallon, et l'ambassadeur à Bagdad Ryan Crocker.
Le témoignage du général Petraeus, qui doit se prononcer sur le gel ou la poursuite du retrait de troupes américaines d'Irak, est attendu devant le Congrès les 8 et 9 avril.
Dans un communiqué, le général Petraeus a rendu hommage à l'amiral Fallon, "un véritable guerrier qui a servi son pays de façon désintéressée et avec honneur pendant plus de 40 ans", et qui "manquera à la force multinationale en Irak".
L'amiral Fallon a "travaillé étroitement en 2007 avec la force multinationale en Irak en tant que responsable du nouveau cap, et a plus récemment mis en place des recommandations partagées pour l'avenir" du pays, selon le général Petraeus.
Selon un rapport du Pentagone publié mardi, les progrès enregistrés en Irak en matière de sécurité "restent fragiles" en raison de la menace d'Al-Qaïda et des extrémistes soutenus par l'Iran.
Le Pentagone attribue ces progrès constants à l'envoi de renforts américains début 2007, mais aussi à l'efficacité croissante des forces de sécurité irakiennes, et à un vaste programme de l'armée américaine lancé en début d'année pour mobiliser les tribus et les communautés sunnites contre Al-Qaïda.
En septembre 2007, le Washington Post avait fait état de désaccords entre MM. Petraeus et Fallon, ce dernier estimant que la stratégie centrée sur l'envoi d'environ 30.000 soldats supplémentaires en Irak en 2007, mobilisait des troupes qui seraient nécessaires pour faire face à d'autres menaces dans la région.
L'amiral Fallon avait accompagné en septembre M. Bush lors de sa visite en Irak.
Il sera remplacé à partir du 31 mars par le général Martin Dempsey, vice-commandant des opérations militaires au Moyen-Orient.
Soyez le premier à réagir.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin

