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Babylone s'expose au Louvre

Dernière modification : 13/03/2008

De la tour de Babel à Hammurabi et son célèbre Code, Babylone l'antique est à l'honneur au Louvre. Le musée parisien consacre la première exposition jamais réalisée sur cette cité mythique. Une façon indirecte de rendre hommage à l'Irak.

Avec Hammurabi et son célèbre Code - "Oeil pour oeil..." -, la tour de Babel, Sardanapale ou Nabucco de Verdi, Babylone fait l'objet au Louvre de la première exposition jamais réalisée sur cette cité mythique, bien réelle mais aussi objet de légende, en forme d'hommage à l'Irak.

 

"Babylone" présente au musée du Louvre, du 14 mars au 2 juin, quelque 400 oeuvres - pièces archéologiques, gravures, tableaux et manuscrits - afin de brosser pour la première fois le tableau historique et la légende d'une cité "enviée et crainte, admirée et honnie" depuis cinq millénaires.

 

C'est aussi l'occasion "de montrer l'Irak sous un autre jour, en présentant ses splendeurs", indiquent ses organisateurs. La situation actuelle n'a pas permis de faire venir des oeuvres de Bagdad mais les fouilles les plus récentes - avant les guerres - dans le pays seront évoquées au cours d'un colloque le 19 avril.

 

L'exposition, construite en trois sections, évoque la ville historique qui, à une cinquantaine de km au sud de l'actuelle Bagdad, fut pendant des siècles la capitale culturelle du Proche-Orient antique. La suite de l'exposition évoque son héritage, dans la Bible notamment, puis sa redécouverte par les archéologues au tournant des XIXe et XXe siècles.

 

La "première mention de Babylone remonte à -2.200 avant J.-C.", sur une tablette cunéiforme présentée au début du parcours, indique à la presse Béatrice André-Salvini, commissaire générale de l'exposition et responsable de l'archéologie orientale au Louvre.

 

Mais le roi Hammurabi (début du XVIIIe avant J.-C.) est "le véritable fondateur de la grande Babylone", ajoute-t-elle, avec son célèbre Code qui donnera un modèle juridique à toute la région.

 

Les articles de loi sont gravés sur une stèle de basalte noir de plus de deux mètres de haut, joyau du Louvre. Parmi eux, le célèbre "Si un notable crève l'oeil d'un notable, on lui crèvera un oeil". Idem pour la dent, qui donnera la loi du talion.

Au fil des siècles, voire des millénaires, la cité n'a jamais cessé de fasciner. Les Perses qui l'ont conquise en 539 avant J.-C., en ont fait une de leurs capitales. La Bible, en partie, y est née et Alexandre le Grand y est mort.

Les Grecs ont compté ses jardins suspendus parmi les sept merveilles du monde avant que les pères de l'Eglise n'en fassent une cité maudite, l'archétype de la ville du mal, de la débauche et du courroux divin.

Le propos de l'exposition est de lier ainsi la légende à la réalité historique. Le thème biblique du Déluge provient de l'épopée babylonienne de Gilgamesh et celui de la tour de Babel de la "ziggourat" - un temple carré de 90 m de haut - d'une ville où on parlait babylonien, perse, araméen, etc.

 

A chaque période, "le mythe de Babylone est un moyen d'explication du moment où on se trouve", ajoute Sébastien Allard, co-commissaire de l'exposition. Au XVIe siècle, les protestants "assimilent Rome à Babylone la maudite" alors que le XVIIIe exalte la tour de Babel, à qui une salle entière est consacrée, comme preuve du génie humain.

La "mode assyrienne" inspire le XIXe avec Sardanapale (Assurbanipal) peint par Delacroix et Nabucco (Nabuchodonosor) de Verdi, jusqu'au film de D.W. Griffith "Intolérance" (1916) au moment où sont publiées les études des archéologues.

 

Après Paris, "Babylone" sera présentée dans les musées co-organisateurs de l'exposition, le Pergamon Museum de Berlin du 26 juin au 5 octobre et le British Museum de Londres du 13 novembre au 15 mars 2009.

Première publication : 13/03/2008

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