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La Syrie a adressé jeudi une invitation au Premier ministre libanais Fouad Siniora pour le sommet arabe, dans une tentative de calmer le jeu avec certaines capitales arabes, comme Ryad, qui ont fait entendre qu'elles boycotteraient le sommet si le Liban en était exclu.
Une délégation syrienne, conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères Ahmad Arnous, a remis au ministre libanais démissionnaire des Affaires étrangères, Fawzi Salloukh, une invitation officielle pour le sommet de la Ligue arabe qui doit se tenir les 29 et 30 mars à Damas.
"J'ai reçu une invitation de l'envoyé du Premier ministre syrien Mohammad Naji Otri adressée au Premier ministre Fouad Siniora pour assister au 20e sommet arabe", a déclaré M. Salloukh à la presse.
"Le ministère va remettre cette invitation à monsieur le Premier ministre dès son retour" du Sénégal, où il participe au 11e sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a indiqué le ministre démissionnaire.
M. Salloukh est l'un des cinq ministres chiites qui avaient présenté leur démission en novembre 2006. En dépit de la nomination d'un ministre intérimaire, il a toutefois continué à remplir des fonctions administratives au sein de son ministère, à l'instar des autres ministres démissionnaires.
Une source proche de l'opposition a déclaré à l'AFP que ces ministres avaient le droit de s'occuper des affaires courantes, étant donné que M. Siniora n'avait pas accepté leurs démissions.
Bien que l'invitation ait été adressée au nom de M. Siniora, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a précisé qu'"en raison du vide présidentiel, le Liban choisirait la personne qui doit le représenter au sommet de Damas" et que "la Syrie accueillerait avec cordialité cette personne", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères à Damas.
Dans une première réaction à cette invitation, le ministre libanais de la Jeunesse et des Sports, Mohammad Fatfat, a déclaré à l'AFP que "le Conseil des ministres discuterait de la décision à prendre concernant l'invitation", sans plus de précisions.
La "remise de l'invitation au ministre démissionnaire Fawzi Salloukh démontre que la Syrie ne reconnaît toujours pas le Liban et ses institutions légitimes", a de son côté déclaré la ministre des Affaires sociales et députée antisyrienne, Nayla Moawad.
"Notre position est claire: la participation du Liban (au sommet) avant l'élection d'un président (...) encouragerait la Syrie dans sa politique de blocage, d'assassinats et de déstabilisation", a insisté Mme Moawad, dans des déclarations reprises par l'Agence nationale d'information.
Les Etats-Unis ont également fait entendre leur voix sur le prochain sommet de Damas, le Département d'Etat américain invitant les possibles participants à "garder à l'esprit le rôle que la Syrie a joué jusqu'à maintenant pour empêcher le processus électoral libanais d'aller de l'avant".
Le Liban est sans président depuis le 24 novembre en raison des profonds désaccords sur le partage du pouvoir entre la majorité antisyrienne, soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et l'opposition, emmenée par le mouvement chiite Hezbollah et appuyée par l'Iran et la Syrie, une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
Les divergences, notamment entre Damas d'une part et Le Caire et Ryad de l'autre, menacent le sommet qui pourrait être boycotté par plusieurs dirigeants arabes.
L'Egypte et l'Arabie saoudite accusent la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban, de bloquer l'élection présidentielle libanaise et ont conditionné le succès du sommet à la tenue du scrutin.
L'élection du président devant le Parlement a été reportée à 16 reprises et une nouvelle séance a été fixée au 25 mars, à quatre jours du sommet arabe.


























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