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Washington renforce les normes de pollution de l'air

©

Dernière modification : 13/03/2008

L'administration Bush a annoncé un renforcement des normes fédérales de pollution de l'air. Une décision aussitôt dénoncée par les milieux industriels.

L'administration Bush a annoncé mercredi le premier renforcement depuis 1997 des normes fédérales de pollution de l'air, une décision aussitôt dénoncée par les milieux industriels mais aussi par les groupes environnementaux qui la jugent très insuffisante.

Ces nouvelles normes seront déterminantes pour la qualité de l'air que respireront les Américains pendant au moins une décennie et représentent une des décisions les plus importantes en matière d'environnement prises par le président George W. Bush dans sa dernière année à la Maison Blanche.

Il s'agit des "normes (d'ozone) les plus strictes" jamais adoptées, a souligné lors d'une conférence de presse le directeur de l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA), Stephen Johnson.

Ces normes fixent pour tous les Etats et comtés américains le volume maximum d'oxydes d'azote et d'autres composants chimiques que peuvent émettre les automobiles, les usines et les centrales électriques.

Les nouvelles normes fixent à 75 parts par milliard en volume (PPBV) la teneur maximum autorisée de l'ozone dans l'air contre 80 parts depuis 1997, a précisé l'EPA. Cent PPBV correspondent à une molécule d'ozone pour dix millions d'autres molécules présentes.

L'ozone résulte d'une réaction chimique impliquant les rayons du soleil, la chaleur et des polluants comme surtout les oxydes d'azote. Mélangé avec les fines particules en suspension dans l'atmosphère, il forme le smog qui recouvre souvent les grands centres urbains comme Londres ou Los Angeles.

Le smog irrite les voies respiratoires et peut être dangereux pour les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires et pulmonaires.

Abaisser la teneur autorisée d'ozone à 75 PPBV pourrait se traduire par une diminution de 900 à 1.100 décès prématurés par an ainsi que par une baisse de 1.400 attaques cardiaques non mortelles, selon les estimations de l'EPA.

Cette nouvelle norme devrait aussi permettre de réduire le nombre des hospitalisations de 5.500 par an.

Selon l'agence fédérale, une fois appliqués pleinement, ces nouveaux standards génèreront des gains sur la santé publique allant jusqu'à 19 milliards de dollars par an.

En comparaison, les coûts économiques d'application de ces nouvelles normes se situent entre 7,6 et 8,5 milliards, a calculé l'EPA, qui souligne en même temps les progrès considérables réalisés par les Etats-Unis depuis 1980 pour améliorer la qualité de l'air.

Durant ces 27 dernières années, les niveaux d'ozone au niveau du sol ont diminué de 21%, précise l'agence.

Pour les milieux industriels, cette décision n'a pas de motivation scientifique et aura un impact néfaste sur de nombreuses industries et l'économie en général.

"La décision de l'EPA d'abaisser la norme de teneur d'ozone va inutilement imposer un nouveau fardeau sur les Etats et les industriels alors même qu'ils continuent à s'efforcer de respecter les normes de 1997" et que "des progrès importants ont été accomplis", explique Tom Gibson, directeur de l'American Chemistry Council, l'association des industries chimiques américaines, dans un communiqué.

Pour les groupes de protection de l'environnement, cette décision est au contraire trop timide.

"Cela arrache le coeur une fois de plus que l'EPA ait raté une occasion unique de protéger la santé et le bien-être publique, en ignorant des recommandations unanimes de ses conseillers scientifiques indépendants" pour des normes d'ozone encore plus strictes, a déploré William Becker, directeur de la National Association of Clean Air Agencies, qui représente 48 Etats et 165 collectivités locales.
 

Première publication : 13/03/2008

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