Écologie - Environnement - Tony Blair
Réunion entre les 20 pays les plus polluants
Vendredi 14 mars 2008
Les 20 pays les plus polluants de la planète sont à Makuhari, près de Tokyo, pour évoquer les négociations de l'après-Kyoto sur la réduction des gaz à effets de serre, avec en vedette Tony Blair.
Vendredi 14 mars 2008
Par AFPLes 20 pays les plus polluants de la planète ont ouvert samedi un conclave de deux jours au Japon pour évoquer la lutte contre le réchauffement climatique, une réunion marquée par un discours de Tony Blair qui a prévenu qu'un éventuel statu quo serait "irresponsable".
Lancé en 2005 à l'initiative de M. Blair, alors Premier ministre britannique, le "G20" rassemble, outre les grands pays industrialisés du G8 - Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et Russie -, d'autres pays développés et les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.).
Il constitue un forum de discussion consacré à la lutte contre le réchauffement climatique, qui regroupe les pays responsables de 80% de l'ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Hôte de la rencontre à Makuhari (région de Tokyo), le gouvernement japonais a voulu faire de ces deux jours un tremplin avant le sommet du G8 en juillet, qu'il présidera également et qu'il a placé sous le signe de la lutte contre le réchauffement climatique.
Il a reçu le soutien sur ce point de Tony Blair, qui dirige aujourd'hui un "groupe d'experts internationaux", soutenus par les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), destinés à favoriser l'élaboration d'un compromis international sur le sujet.
"Nous avons atteint un moment critique pour une décision sur le changement climatique", a souligné M. Blair devant les représentants des pays du G20, de hauts bureaucrates pour la plupart mais peu de ministres.
Selon lui, "ne pas réussir à agir contre le changement climatique maintenant serait profondément inexcusable et irresponsable" et "au sommet du G8 cette année à Hokkaido (nord), c'est notre destin qui sera en jeu".
Pour lui, la question, c'est: "Pouvons-nous nous mettre d'accord sur un objectif mondial contraignant de 50% de réduction d'émissions ?".
En 2007, les pays du G8 se sont mis d'accord pour étudier une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, mais aucune contrainte n'a été mise en place.
C'est toutefois sous l'égide de l'ONU qu'un accord international doit être négocié pour prendre le relais du protocole de Kyoto.
Ce protocole a imposé aux pays industrialisés des réductions d'émissions entre 1990 et la période 2008-2012, mais sa portée a été réduite par le refus des Etats-Unis de le ratifier.
L'administration Bush lui a notamment reproché de ne pas imposer de réductions aux pays émergents à forte croissance, comme la Chine.
Un accord conclu à la conférence climat de Bali (Indonésie) fin 2007 a prévu de nouvelles négociations qui seront lancées fin mars à Bangkok, en vue d'un accord post-Kyoto d'ici fin 2009.
L'UE souhaite un texte qui imposerait des obligations chiffrées de réduction d'émission à chaque Etat.
Mais les Etats-Unis sont réticents à cette idée, tout comme leur allié japonais qui a défendu samedi une approche "sectorielle", avec des réductions d'émissions par branches industrielles.
Une idée qui ne plaît pas aux pays en développement, ont déclaré des membres d'ONG assistants aux débats fermés à la presse.
Ces pays, Chine et Inde en tête, ont insisté pour que les pays riches leur apportent des aides technologiques et financières, et ne veulent pas se voir imposer les mêmes obligations que les pays développés, selon les ONG.
Mais pour diminuer nettement la pollution, "les émissions des pays riches devront s'approcher de zéro et celles des pays pauvres devront, à terme, baisser au fur et à mesure de leur industrialisation", a prévenu M. Blair.
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