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Le match de la liberté pour sept footballeurs cubains

Dernière modification : 15/03/2008

Sept joueurs de la sélection cubaine de football ont déserté leur hôtel pour rester vivre aux Etats-Unis. L'équipe était venue jouer un match de qualification pour les Jeux olympiques de Pékin.

Nouveau coup dur pour le sport cubain à l'approche des JO de Pékin, la défection de sept footballeurs en Floride a été qualifiée jeudi d'acte de "trahison" par les officiels, inquiets de l'hémorragie qui affecte l'élite cubaine dans la plupart des disciplines.
   
"C'est un acte de trahison et d'irresponsabilité", a déclaré jeudi à l'AFP Antonio Garces, le directeur de la Fédération cubaine de football.
   
Mercredi, sept joueurs de la sélection cubaine des moins de 23 ans avaient déserté l'hôtel où était réunie leur équipe, venue disputer à Tampa (Floride) un tournoi de qualification olympique de la zone Concacaf.
   
"En tant que Fédération, nous sommes écoeurés, c'est une attitude irresponsable de la part des joueurs, parce qu'il s'agit d'un éliminatoire olympique pour un pays", a ajouté M. Garces.
   
La Fédération "réexamine" actuellement la situation créée par la défection, car "ceci ne s'était jamais produit" dans le football cubain, a ajouté le responsable joint au téléphone.
   
Ces défections plongent dans une situation extrêmement délicate la sélection cubaine, qui ne compte plus que 11 joueurs, dont Roberto Linares qui a reçu un carton rouge lors du premier match, dans le tournoi préolympique.
   

Inquiétude des autorités
   
Les "déserteurs" sont le gardien José Manuel Miranda, ainsi que les joueurs de champ Erlys Garcia Baró, Yenier Bermudez (capitaine de la sélection), Yordany Alvarez et Loanni Cartaya Prieto, le milieu de terrain Eder Roldan et le défenseur Yendri Diaz,qui a déclaré à la presse vouloir "étudier et jouer en professionnel".
   
"Oui, on va jouer (...). Je ne dirai rien de plus", a déclaré jeudi à Tampa le directeur technique Raul Gonzalez à la sortie de l'hôtel, peu avant le match contre le Honduras, au milieu de rumeurs faisant état d'une possible exclusion de Cuba de la compétition.
   
Sport mineur à Cuba, où le base-ball est roi, le football a déjà été touché par plusieurs défections ces dernières années, dont celle de Maikel Galindo, aujourd'hui un des meilleurs buteurs de la Ligue professionnelle américaine.
   
Mais la défection "en masse" des sept footballeurs cubains, à six mois de l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin (8-24 août), a de quoi alimenter les inquiétudes des autorités.
   

"Fabrique" de sportifs
   
Cuba, véritable "fabrique" de sportifs de haut niveau et leader olympique d'Amérique latine par le nombre de médaillés, subit depuis des années une véritable hémorragie de ses élites.
   
Le dernier coup dur était venu de ses champions de boxe quand, en juillet dernier, Guillermo Ringondeaux --deux fois champion olympique et champion du monde des coqs-- et Erislandy Lara --champion du monde des welters-- avaient tenté de fuir au Brésil. Retrouvés par la police brésilienne, ils avaient été ramenés à Cuba où ils sont depuis en "pénitence", suspendus par leur fédération.
   
Mais Cuba avait dû renoncer à envoyer ses boxeurs au Mondial de Chicago, de crainte de nouvelles défections.
   
"Imaginez les requins de la mafia exigeant de la chair fraîche. On doit les avertir d'une chose: nous ne sommes pas pressés de la leur fournir à domicile", avait écrit alors Fidel Castro, qui avait pris personnellement les choses en main malgré sa convalescence.
   
Pour le dirigeant cubain, ennemi de toujours du sport professionnel, les Etats-Unis veulent "voler" les talents cubains pour ternir l'image du pays.
   
"C'est une trahison, il n'y a pas d'autre manière qualifier cela", a déclaré à l'AFP Lazaro Garcia, un joueur de taekwondo de 20 ans, en train de courir sur le Malecon, le boulevard côtier de la capitale.
   
Mais pour Ramiro, un vélo-taxi de la capitale adepte du foot, tout cela est dû "à la situation économique difficile que vivent les sportifs" et "au manque de liberté pour voyager".
   
"Pour moi,c'est normal, cela arrive partout, simplement, ici, on politise tout", a-t-il ajouté.

Première publication : 14/03/2008

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