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Les Iraniens ont voté pour élire leurs députés

Dernière modification : 15/03/2008

Les conservateurs devraient remporter la majorité au Parlement iranien. Le ministère de l'Intérieur annonce une participation plus forte qu'aux législatives de 2004. (Reportage: S. Claudet et A. Renard)

Près de 44 millions d'électeurs iraniens étaient appelés à voter vendredi pour élire les 290 députés de leur Parlement, en attendant l'élection présidentielle de 2009. Le scrutin a été marqué par une plus forte participation qu'aux précédentes législatives de 2004, selon le ministre de l'Intérieur Mostapha Pour-Mohammadi, qui n'a cependant pas donné de chiffre précis. En 2004, 51,2 % des électeurs avaient participé au scrutin, soit le taux le plus faible des législatives depuis la révolution de 1979.

Avant la clôture définitive, le vice-ministre de l'Intérieur en charge des élections, le général Ali Reza Afshar, avait affirmé que dans certaines provinces la participation était "supérieure à 60 %".
  
Après le filtrage des candidatures par les idéologues de la République islamique, on pourrait croire que le scrutin est joué d'avance. Mais il n'en est rien.


"Il n'y a jamais rien à attendre des élections en Iran… pourtant, il y a toujours des surprises", résume pour FRANCE 24 Bernard Hourcade, directeur de recherche à l'unité Mondes iranien et indien du CNRS.

Selon lui, il existe "un verrouillage des candidatures, mais pas dans le détail". Sur les 7 600 candidatures reçues, le Conseil des gardiens, un organe non-élu composé de religieux et de juristes chargé du respect de la Constitution et de l'islam, en a retenu 4 500. "Ils ont éliminé les réformateurs les plus visibles, mais on ne connaît pas tous les candidats", précise Hourcade.

 

Pas de partis, mais des groupes concurrents

En l'absence de partis structurés, il faudra attendre de voir les parlementaires à l'œuvre pour que se dessine le nouveau paysage parlementaire iranien.

Pour Hourcade, les réformateurs de l'ex-président Khatami ne se sont pas encore vraiment réorganisés. En revanche, la mouvance conservatrice a éclaté. Les spécialistes de la République islamique récusent d'ailleurs la dichotomie "conservateurs contre réformateurs", qui ne rend plus compte, selon eux, de la complexité politique de l'Iran.

On distingue trois groupes d'inspiration conservatrice qui portent chacun un projet différent pour le pays.

Favoris des élections législatives, les partisans du président Ahmadinejad ont  "un passé très révolutionnaire et idéologique : ils ont fait la révolution de l'intérieur". Ils s'appuient sur les Bassiji, un réseau de volontaires dévoué à la promotion de la révolution islamique partout où cela est possible : "Dans l'agriculture, les universités, les entreprises…"

Un deuxième groupe rassemble d'anciens Gardiens de la révolution, âgés aujourd'hui d'une cinquantaine d'années. Ces vétérans des Gardiens – une force militaire qui compte aujourd'hui 120 000 hommes, selon Hourcade – ont combattu contre l'Irak, mais aussi au Liban. "Ils ont également soutenu la révolution, mais sont avant tout nationalistes", explique l'universitaire.

Hourcade identifie enfin un groupe d'anciens combattants plus ouverts sur les problèmes internationaux, même s'ils souhaitent conserver un régime islamique en Iran. "On y trouve le maire de Téhéran Mohamed Baqer Qalibaf, général à 23 ans et artisan de la victoire de 'Fath ol Mobine' contre l'Irak en 1982", ajoute-t-il. Ali Larijani, l'ancien négociateur iranien sur les questions nucléaires appartient à ce courant.

Qalibaf et Larijani ont été les rivaux de Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle. "Ils savent qu'il gaspille l'argent du pétrole. Ils n'aiment pas les Américains mais savent qu'il faut faire avec eux : ils sont pour une approche plus rationnelle", indique Hourcade.


Le Parlement, une institution de poids

Quelle que soit l'issue de ces élections, le président de la République, soumis à la seule autorité du Guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, gardera la main sur la gestion de la manne pétrolière, la politique étrangère et le nucléaire.

Le Parlement n'en reste pas moins une institution-clé dans la politique iranienne. Il peut refuser la nomination de ministres, voire les destituer, et bloquer des projets de loi. Ses élus ont une liberté de parole inimaginable dans le reste du pays. Les chefs d'Etat étrangers prennent toujours soin de leur rendre visite lorsqu'ils se rendent à Téhéran.

Les parlementaires n'hésitent pas à user de leur influence. En 2005, le président Ahmadinejad a décrété des sanctions contre les importations de produits électroniques sud-coréens et chinois, ces pays n'ayant pas respecté leur promesse de soutenir l'Iran à l'ONU au sujet du nucléaire. "Les commerçants des bazars se sont retrouvés sanctionnés et sont allés voir leurs représentants au Parlement", rappelle pour FRANCE 24 Fariba Adelkhah. "Quinze jours après, le président renonçait au blocage."

L'économie et le commerce extérieur restent des points cruciaux dans un pays où la consommation explose. "On importe de tout en Iran", constate Hourcade. "La bourgeoisie souffre des sanctions internationales, mais le commerce informel se développe via Dubaï, subventionnée par Ahmadinejad avec l'argent du pétrole."

Avec un baril à 110 dollars, le président peut continuer à entretenir de larges pans de l'économie.

Première publication : 14/03/2008

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