16 mars 2008 - 05H02
- Chine - Dalaï-lama - États-Unis - Jeux olympiques - Tibet

Washington condamne les violences au Tibet
Washington appelle Pékin à faire preuve de retenue dans sa gestion des manifestations à Lhassa. (Récit : M. Kerfriden)

 

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a appelé samedi le gouvernement chinois à faire "preuve de retenue" dans sa réaction aux sanglantes manifestations anti-chinoises au Tibet.

"Nous appelons le gouvernement chinois a faire preuve de retenue dans sa réaction à ces manifestations, et nous appelons fermement toutes les parties à ne pas avoir recours à la violence", a déclaré Mme Rice, citée dans un communiqué du département d'Etat.

Rice a indiqué qu'elle était "profondément attristée" par les manifestations de vendredi, qui ont "résulté en des pertes humaines" et elle s'est inquiétée de ce que les violences "semblent se poursuivre".

"Je m'inquiète également des informations selon lesquelles la présence policière et militaire a été fortement augmentée dans et autour de Lhassa", a ajouté la secrétaire d'Etat.

"Nous appelons la Chine à respecter le droit fondamental et universellement respecté de tous les citoyens d'exprimer pacifiquement leurs points de vue politiques et religieux", a encore souligné Mme Rice.

"Nous appelons la Chine à relâcher tous les moines et d'autres qui ont été emprisonnés uniquement pour avoir exprimé leur opinion", a-t-elle ajouté.

Le premier bilan officiel des émeutes de vendredi publié samedi a fait état de 10 morts alors que le gouvernement tibétain en exil a de son côté confirmé "environ 30 morts" et a affirmé disposer d'informations non confirmées faisant état de "plus de 100 morts".

Il s'agit des manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis celles de 1989, qui s'étaient soldées par des dizaines de morts.

Mme Rice est pour l'heure le plus haut responsable de l'administration du président George W. Bush à appeler Pékin à la retenue.

Les Etats-Unis reconnaissent le Tibet comme faisant partie de la Chine mais la question tibétaine est un point de contentieux dans les relations sino-américaines toujours très délicates.

Ainsi l'acceuil sans précédent réservé au dalaï lama, le leader spirituel et temporel des bouddhistes tibétains, par le président Bush et le Congrès en octobre avait provoqué l'ire de Pékin.

Un rapport gouvernemental américain qui vient d'être publié souligne également que les autorités chinoises "ont continué à commettre de graves violations des droits de l'Homme" au Tibet en 2007. Il fait état de tortures, d'arrestations arbitraires, de disparitions.

Mais dans le même document la Chine a été retirée de la liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme dans le monde" pour la mettre sur celle, moins infâmante, des "pays autoritaires".

Le gouvernement américain est tiraillé entre le respect des grands principes et une diplomatie plus réaliste, alors que les deux membres permanents du conseil de sécurité se doivent de coopérer face aux défis nucléaires nord-coréen ou iranien, au réchauffement climatique ou dans les échanges commerciaux.
 

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