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Le match de la liberté pour Yendry Diaz

Dernière modification : 17/03/2008

Yendry Diaz Perez, 20 ans, joueur de la délégation de football cubaine, a profité d'un match de sélection pour les Jeux olympiques en Floride pour quitter son équipe et rester aux Etats-Unis. Il raconte.

Yendry Diaz Perez (n°5 en bleu sur la photo) est un "traître" pour certains. Lui préfère se voir comme un "homme libre". Agé de 20 ans, il est un des sept joueurs de la sélection cubaine des moins de 23 ans qui a, le 12 mars, déserté l'hôtel où était réunie son équipe pour disputer en Floride un match de qualification olympique de la zone Concacaf.


Avec un de ses coéquipiers, Eder Roldan, il emboîte le pas à cinq autres joueurs bien décidés à rester sur la terre de l'Oncle Sam. Parmi eux, le gardien José Manuel Miranda et les milieux de terrain Erlys Garcia Baró, Yordany Alvarez, Loanni Cartaya Prieto ainsi que le capitaine Yenier Bermudez.


"Juste mes chaussures pour jouer"

"Cela faisait quelques mois que j'y pensais déjà", raconte Yendry Diaz. "Mais comme cela ne se passait pas très bien dans la délégation cubaine, j'ai profité de ce moment-là pour partir". Il poursuit : "Des amis m'ont offert la chance de rester ici, et j'ai accepté, je suis un homme libre". Le défenseur cubain n'a, en mains, presque rien : "juste mes chaussures pour jouer".


Derrière lui, il laisse sa famille, mais surtout un regret. "L'équipe avait le rêve de se qualifier pour les Jeux olympiques mais ça, je ne pourrai pas leur offrir", confie-t-il. Sa défection, et celle de ses coéquipiers, ont plongé la sélection cubaine dans une position délicate. L'équipe ne compte plus que 11 joueurs, dont Roberto Linares qui a reçu un carton rouge. Le directeur de la Fédération cubaine de football, Antonio Garces, parle d'"un acte de trahison et d'irresponsabilité". Yendry Diaz se défend : "comme cinq joueurs avaient décidé de partir, je n'aurais rien pu faire de plus".


Aujourd'hui, il a élu domicile à Tampa, sur la côte ouest de la Floride, Etat où réside la plus importante communauté cubaine des Etats-Unis. "J'ai beaucoup d'amis qui m'apprécient ici", précise-t-il. "C'est aussi là que vit ma petite amie", son autre motivation pour avoir quitté Matanzas, à l'ouest de la Havane.


"Pour rien au monde, je ne retournerai à Cuba"

Et le régime castriste, et Fidel, et Raùl ? Yendry Diaz préfère ne pas en parler. Il est de toute façon plus football que politique. "Aujourd'hui, mon seul but c'est de devenir joueur professionnel dans un bon club pour décrocher la MLS (ligue professionnelle américaine)".


Il suivra peut-être le parcours de Maykel Galindo qui, lors d'un match de l'équipe nationale cubaine à Seattle, avait décidé de rester aux Etats-Unis. Ce dernier joue aujourd'hui dans l'équipe de la banlieue de Los Angeles, Chivas USA, et est devenu un des meilleurs buteurs de la Ligue.


Yendry Diaz ne sait pas encore où il va pouvoir jouer. Il va aussi chercher à obtenir un visa - ce que Maykel Galindo n'a toujours pas. Les Cubains immigrants aux Etats-Unis sont sous le coup de la loi du "pied mouillé, pied sec" [wet foot, dry foot], qui garantit automatiquement le permis de résidence aux émigrés cubains parvenant à poser le pied sur le sol américain. "Je ne sais pas si je l'obtiendrai", admet-il pourtant. Pour l'instant, il n'a qu'une certitude : "Pour rien au monde, je ne retournerai à Cuba".
 

Première publication : 17/03/2008

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