Des soldats français de l'Otan ont été pris sous le feu d'armes automatiques lors d'affrontements avec des activistes serbes lundi à Mitrovica, ville du nord du Kosovo partagée entre communautés serbe et albanophone.
Ces heurts, les plus violents entre forces internationales et manifestants serbes depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo le 17 février, ont éclaté lorsque la police des Nations unies appuyée par les soldats français a repris le contrôle du tribunal de l'Onu occupé depuis vendredi par des Serbes, anciens magistrats, employés et militants.
Devant la gravité de la situation, les policiers des Nations unies ont reçu ordre d'évacuer le secteur.
"L'ordre a été donné à la police de la Minuk de se retirer du nord de Mitrovica en raison des violentes émeutes en cours", a déclaré un porte-parole des Nations unies à Pristina, la capitale du Kosovo.
Lors des affrontements, policiers onusiens - dont des Polonais - et soldats français de la Kfor, la force de l'Otan, ont tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de contenir les manifestants qui leur lançaient des pierres et des pétards. Des véhicules ont été incendiés et plusieurs policiers et soldats ont été blessés dans une explosion.
"Huit soldats français de la Kfor ont été blessés par des grenades, des pierres et des cocktails Molotov", a dit le porte-parole militaire français Etienne du Fayet de la Tour, mais aucun des blessés n'est en danger de mort.
Il a ajouté que des tirs d'armes automatiques avaient visé les soldats français.
Vingt deux policiers polonais de la Mission de l'ONU au Kosovo ont également été blessés dans ces affrontements, selon un nouveau bilan annoncé à l'AFP par la police polonaise.
Belgrade parle de "provocation"
L'Onu a fait état de trois policiers blessés. Selon l'agence de presse polonaise PAP, 13 Polonais membres de la force de police de l'Onu ont été blessés.
A Belgrade, le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, parlant de "provocation", a exigé la libération de la trentaine d'anciens magistrats et employés serbes du tribunal de Motrovica arrêtés par l'Onu lors de l'opération de la matinée.
"Nous étions convenus que rien ne serait entrepris avant que je ne me rende à Mitrovica", a-t-il dit à l'agence de presse Tanjug.
Il a précisé qu'il avait rencontré dimanche le diplomate américain Larry Rossin et lui avait présenté un plan "en vue de résoudre toutes les questions entre la Minuk et la Serbie et en rapport avec la communauté serbe du Kosovo".
Les violences coïncident avec le quatrième anniversaire des émeutes des albanophones contre la communauté serbe, qui avaient fait 19 morts en deux jours. Des centaines de maisons et d'églises avaient été incendiées.
Portant des cagoules, plus de 500 policiers onusiens avaient fait irruption à l'aube dans le tribunal tandis que plusieurs centaines de soldats français, avec des véhicules blindés, bloquaient les voies d'accès au bâtiment.
Les policiers internationaux ont enlevé le drapeau serbe qui flottait depuis trois jours sur le tribunal.
Véhicules de l'ONU attaqués
Les Serbes à l'intérieur du tribunal n'ont offert aucune résistance et les policiers leur ont passé les menottes pour les emmener lorsque des centaines de jeunes manifestants ont accouru et se sont opposés à leur départ.
Ils ont réussi à stopper trois véhicules et à en ouvrir les portes. Une dizaine de prisonniers ont alors pu s'enfuir.
Des fourgonnettes de l'Onu avec à leur bord des prisonniers serbes sont toujours à l'intérieur de l'enceinte du tribunal, dont les portes sont bloquées par des manifestants.
L'hôpital de Mitrovica a accueilli une centaine de personnes incommodées par les gaz lacrymogènes.
Une cinquantaine de personnes qui occupaient le tribunal ont cependant pu être conduites à Pristina, où elles ont été incarcérées, a précisé un porte-parole de la Kfor.
Vendredi, environ 300 Serbes avaient pris le contrôle du tribunal qu'ils assiégeaient depuis plusieurs semaines. La foule était alors composée majoritairement d'anciens employés du tribunal qui s'étaient retrouvés au chômage après le passage de la province sécessionniste sous administration de l'Onu il y a neuf ans.
Les manifestants empêchaient les employés albanais du tribunal de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo.
Belgrade fournit des services administratifs, scolaires et sanitaires à la minorité serbe du Kosovo, qui compte 120.000 membres sur une population kosovare de deux millions d'habitants essentiellement albanophones.
Mitrovica, où la rivière Ibar sépare le nord de la ville à majorité serbe du sud à majorité albanaise, est un important foyer de tension.






























Commentaires (4)
KOSOVO
Je suis un Kosovar de la Suisse et je ne suis pas d'accord que le 11 mai, les élections serbes se passent au Kosovo ! Je conteste fortement cette politique des Serbes de se moquer des autres... Lorsqu'il y a des élections au Kosovo, le pays ne demande pas aux 300 000 Kosovars de Serbie (la vallée de Presevo, Bujanovac, Medvedja, Belgrade). Je suis contre cette idée.
KOSOVO
Bonsoir. Même si la question du Kosovo peut poser problème il ne faut pas faire de raccourcis trop rapides avec d'autres régions du monde. En ce qui concerne le Kosovo il y a tout un historique qui débute en 1389 avec 5 siècles d'occupation ottomane. Ce n'est qu'en 1912 que la Serbie reprend le Kosovo aux Ottomans et le Traité de Londres de 1913 où il était question de le rattacher à l'Albanie finit par l'attribuer à la Serbie. À l'époque déjà, le Kosovo était peuplé majoritairement de personnes de souche albanaise. De 1941 à 1946, le Kosovo était rattaché à l'Albanie. Puis il a été rattaché à la Yougoslavie avec un statut de région autonome. Ensuite il y a eu l'éclatement de la Yougoslavie avec des tas de régions qui ont saisi l'occasion pour devenir indépendantes (Slovénie, Croatie, Macédoine, Bosnie...) et la terrible politique menée par Milosevic pour garder le Kosovo peuplé alors par 90 % d'Albanais. De là est née une haine réciproque entre Albanais et Serbes, et il est devenu impossible de les faire vivre ensemble. En fait tout sépare les Albanais du Kosovo des Serbes : la langue, la culture, la religion...
Vive le Kosovo!!!
Bonjour à tous, c'est un kosovar de Suisse, j'ai entendu que la Serbie voulait separé le Kosovo(prendre Mitrovica) mais c'est impossible! Dans la ville de Mitrovica, les albanais sont majoritaires 40000 serbes contre 60000 albanais. Même si on donnait Mitrovica à la Serbie, il y aura un autre problème: On fait quoi des 300000 kosovar qui se trouvent en Serbie??? (La vallée de Presevo, Bujanovac, Medvedja, Belgrade) Le gouvernement kosovar va demander aussi le contrôle en Serbie.
L'ETAT KOSOVAR
juste un rappel, quand nous les kosovar étions sous domiation serbe nous n'avions pas le droit d'être par exemple ni policier ni juge ect... Maintenent, la constitution kosovar garantie à la minorité serbe d'avoir leur propre police simplement contrôler par Pristina.
Si vraiment la Serbie veut trouvé une solution concrète sur la situation des serbes, il y a une solution:
On partage, la Kosovo donne Mitrovica et la Serbie donne la vallée de Presevo, Bujanovac et Medvedja et aussi l'autonomie aux 100000 kosovar vivant à Belgrade.
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