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Quand la police religieuse dérape

©

Dernière modification : 17/03/2008

En Arabie saoudite, la police religieuse est chargée de veiller au respect de l’application de la loi islamique. La presse locale a beau relater un certain nombre de ses dérapages, cette institution continue, pourtant, de se développer.

Février 2008. Yara, une femme d’affaires de Riyad, se rend dans un café Starbucks de la capitale saoudienne en compagnie d'un collègue de travail. Elle doit se connecter à Internet via le Wifi suite à une panne d’électricité dans sa propre société. Tout paraît banal, jusque-là, sauf que…

L’escapade de la jeune femme tourne à l’aventure. Yara se retrouve en prison et y passe une journée. Pourquoi ? Parce qu’elle a été arrêtée par la police religieuse. Son délit ? Elle se trouvait simplement en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille proche. De ce fait, elle s’est mise dans une situation jugée illégale, un délit qualifié de "khalwa".

Cette histoire a été largement commentée dans la presse locale, qui proteste contre l’arrestation de cette femme d’affaires trentenaire.

Mais la police religieuse reste un sujet délicat. "Il n’y a pas encore si longtemps, les gens considéraient que la police religieuse était au-dessus des lois", explique à FRANCE 24 Ebtihal Mubarak, journaliste saoudienne du quotidien anglais Arab News.

La police religieuse, une instance dans le royaume

La police religieuse, connue sous le nom de Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice (CPVPV), veille à appliquer strictement la charia, la loi islamique. La Commission n’est pas un ministère, mais son président a le grade de ministre et en réfère directement au roi.

La création de la Commission remonte au 1926 à Riyad, avant même l’unification de l’Arabie saoudite en 1932. Cette instance regroupe environ 10 000 membres et un nombre inconnu de volontaires, les "mutaween", en arabe. La plupart de ses membres prônent un islam radical.

Les brigades de la CPVPV patrouillent dans les rues des villes du royaume à bord d'imposantes voitures, les fameuses GMC. Ses membres se déplacent à deux ou trois, accompagnés de la police nationale. Ils vérifient que les tenues des femmes sont conformes à leur vision, que les fidèles se rendent à la mosquée cinq fois par jour, que la séparation entre hommes et femmes est bien respectée, etc.

Des voix s’élèvent, timidement


L’affaire Yara a fait couler beaucoup d’encre. L’écrivain saoudien Abdullah Alalami a ainsi commenté cette histoire. Mais suite à son engagement, il est devenu la cible de la police religieuse.

Dans un communiqué de presse, le président de la Commission, le cheikh Abdullah Al Shathree, regrette l’attitude d’Alalami qui ne défend pas les valeurs et les principes de la religion musulmane, et entrave par ses articles le travail de la police religieuse.

Mais les mutaween ne se contentent pas d’un simple communiqué, et se réservent également le droit de "revendiquer leurs droits légitimes" auprès de l’écrivain. Ce dernier se montre pourtant tolérant vis-à-vis de la police religieuse : "nous avons besoin de cette instance afin de préserver notre société", explique-t-il à FRANCE 24. Il précise : "les membres de la Commission doivent être sages ; ils doivent faire attention à leur comportement avec le public afin de mieux servir la société."

Si Alamami préfère mener le débat sur le comportement des membres de la Commission, la journaliste Ebtihal Mubarak ose, elle, se prononcer ouvertement contre cette instance. Elle explique à FRANCE 24 : "avec ou sans la Commission rien ne change. Au contraire, la société entière est considérée comme mineure et inapte." Elle poursuit : "beaucoup de Saoudiens se plaignent des mutaween, qui ne font que causer des problèmes."

Un sujet tabou

La presse locale a longtemps fermé les yeux sur les dérapages de la police religieuse, redoutant des représailles. Mais en 2002 le silence a été brisé. Suite à l’incendie d’un collège de filles à la Mecque, les membres de la police religieuse avaient empêché les collégiennes de quitter l’établissement en feu car elles ne portaient pas l’abayya (longue tunique noire couvrant entièrement le corps). Ils avaient également empêché les pompiers d’intervenir. Résultat : 15 jeunes filles mortes carbonisées. "Tout le monde était choqué, cet événement catastrophique a permis aux journalistes d’évoquer les ravages provoqués par les Mutaween", affirme le journaliste Othman al-Sinni.

Unité de femmes

Alors que le débat continue à évoluer tant bien que mal au sein de la société saoudienne sur la Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, cette dernière ne continue de se développer. Dernière disposition : la mise en place d’une unité de femmes, qui sera amenée à travailler sur le terrain. "Les femmes travaillent depuis toujours au sein de la Commission, mais, désormais, elles peuvent sortir sur le terrain. Cela ne va pas changer grand-chose pour les femmes saoudiennes", pense Ebtihal Mubarak. Des voix, comme celle d’Ebtihal, s’élèvent timidement pour tirer la sonnette d’alarme, mais la tâche s’avère ardue.

Première publication : 17/03/2008

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