Bourses - Wall Street
La vente de Bear Stearns secoue les marchés
Mardi 18 mars 2008
L'opération de sauvetage de la banque d'affaires américaine Bear Stearns entraîne une dégringolade des bourses occidentales et un nouveau décrochage du dollar face à l'euro et au yen. (Récit : C. Bruneau)
Mardi 18 mars 2008
Par AFPL'opération de sauvetage de la banque d'affaires américaine Bear Stearns organisée ce week-end par la Fed a entraîné lundi un nouveau décrochage du dollar face à l'euro et au yen, ainsi qu'une dégringolade d'une majeure partie des Bourses mondiales.
La Bourse de New York a ainsi ouvert en forte baisse, le rachat de la banque Bear Stearns pour une bouchée de pain laissant craindre une crise financière encore plus grave que prévu.
Après avoir lâché 1,62% à l'ouverture (et le Nasdaq jusqu'à -2,03%), l'indice Dow Jones s'est timidement repris en matinée (vers 15H00 GMT), s'inscrivant à l'équilibre (+0,03%).
"Le marché est rassuré que Bear Stearns ait évité la faillite", a expliqué Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners. "L'action de la Fed a évité un véritable effondrement de la Bourse" américaine, a-t-il ajouté.
Le président américain George W. Bush a reconnu que les Etats-Unis vivaient des temps économiques "difficiles" mais a assuré que la situation était maîtrisée.
Les Bourses européennes continuaient d'évoluer dans le rouge dans l'après-midi, les mauvaises nouvelles américaines auxquelles s'est ajoutée la publication de plusieurs indices moins bons que prévu pesant sur le marché.
La Bourse de Paris accélérait sa baisse en début d'après-midi. A 14H55 (13H55 GMT), le CAC 40 lâchait 2,83% à 4.462,23 points.
Une heure plus tôt, l'indice parisien chutait de 3,20% à 4.445,21 points, après s'être retrouvé à l'ouverture pour la première fois depuis le 16 novembre 2005 sous la barre psychologique des 4.500 points.
La baisse depuis le début de l'année est supérieure à 20%, une amplitude fréquemment considérée par les spécialistes comme témoignant d'un krach.
Le mouvement a été identique sur les autres places européennes: à 13H45 GMT l'indice Footsie-100 perdait 2,81% à Londres et l'indice vedette Dax 3,65% à Francfort.
Vers 13H45 GMT, l'Ibex madrilène cédait 2,25% et l'indice milanais 2,80%, tandis que le SMI suisse abandonnait 3,95%.
Les Bourses nordiques n'étaient pas épargnées, Stockholm cédant 3,6% en milieu d'après-midi, Copenhague 2,60%, Oslo 2,95%, et 3,52%.
Les places asiatiques ont ouvert le mouvement de baisse de la journée, l'indice Hang Seng de Hong Kong clôturant en chute de 5,18%, celui de Shanghai de -3,6% tandis qu'à Tokyo l'indice Nikkei dégringolait de 3,71%, tombant sous les 12.000 points pour la première fois depuis plus de deux ans et demi.
Les Bourses s'inquiétent d'une propagation du cas Bear Stears à d'autres banques, cette dernière promise à la faillite ayant été rachetée à la va-vite dimanche à un prix dérisoire par son homologue américaine JPMorgan.
A cela s'ajoutent la dégringolade continue du dollar et les records parallèles de l'euro, la hausse ininterrompue du pétrole, ainsi que l'intervention en urgence dimanche de la Réserve fédérale américaine, qui n'a en rien rassuré les investisseurs.
L'euro a atteint un nouveau pic historique de 1,5905 dollar lundi dans les échanges asiatiques, faisant sauter successivement et en quelques heures les seuils des 1,57, des 1,58 et des 1,59 dollar. Vers 14H00 GMT, il s'échangeait à 1,5717 dollar.
Par ailleurs, l'or a décroché un nouveau record historique pour atteindre lundi vers 02H00 GMT 1.032,70 dollars sur le London Bullion Market.
Pour le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, la crise financière allait "durer assez longtemps avec de graves conséquences".
Lui faisant écho, le président de la Banque mondiale (BM), Robert Zoellick, a estimé qu'aucun pays ne serait à l'abri de la crise, ajoutant que "certains effets vont se transmettre à la fois au niveau commercial et financier".
L'ancien président de la Fed, Alan Greenspan, a également alimenté le pessimisme ambiant en affirmant au Financial Times que la crise pourrait être "la plus grave" depuis la Seconde Guerre mondiale.
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