Poser la question du coût de la guerre en Irak en se référant à des facteurs strictement économiques peut paraître incongru. Combien peut bien coûter une guerre ? Question insensée, tant il est difficile de chiffrer les coûts engendrés. Cela revient à vouloir chiffrer le prix d’une vie. Et où doit arrêter le compteur ? L’exercice est périlleux, mais, sans nul, doute nécessaire. Périlleux, parce que de toute évidence cette impossible addition cache un but politique. Le coût ? 600 milliards admet du bout des lèvres le Pentagone, en cherchant à minimiser. 5000 milliards, presque 10 fois plus, avancent d’éminents économistes, conduits par le Prix Nobel, Joseph Stiglitz. Pour être tout à fait honnête, il faut reconnaître que ce spécialiste est proche des démocrates, il fût même un temps conseiller de Bill Clinton. Les chiffres sont sujets à polémique, c’est vrai, mais l’Amérique ne se prive pas de se jeter dans ce débat porteur, à l’heure où l’on solde les comptes de l’ère Bush. Ainsi on apprend que chaque jour, 435 millions de dollars sont dépensés pour financer cette guerre qui s’enlise depuis cinq ans. Les opérations sur le terrain ? 526 millions. 615 milliards seraient même affectés au seul remboursement des intérêts d’une dette contractée pour mener à bien cette guerre sans fin.
600 milliards de dollars. 600 000 000 000. 5000 milliards de dollars. 5 000 000 000 000... Un vertige nous prend. L’ordre de grandeur nous échappe et nous interpelle à la fois. L’esprit humain a ses limites. Le mien tout du moins. Un tel écart est difficilement appréhendable dans son entier. Mais tout de même. Le rapport est de un à dix. Il faut croire que le Pentagone a sans doute égaré quelques factures. Les économistes, eux, intègrent des coûts indirects : la hausse du pétrole, engendrée par les tensions géopolitiques dans la région, qui s’élèveraient à 274 milliards de dollars, le coût social aussi, estimé à 17 000 dollars pour chaque famille américaine. 600 milliards de dépenses de santé à prévoir pour ceux que nous appellerons demain les vétérans de la guerre d’Irak.
On peut aller encore plus loin. Mais la démonstration atteint ses limites. Affirmer que les 60 milliards de dollars qu’ont coûté le renversement de Saddam Hussein, auraient pu servir à financer l’assurance maladie de 330 000 jeunes américains est séduisant. La presse outre-Atlantique s’est parfois engagée dans cette voie. Mais c’est trop simplifier les choses. Et il faut prendre garde aux raccourcis qui, en pleine campagne électorale américaine, peuvent coûter cher.














Commentaires
mais que gagnent-ils?
600 milliards c'est une somme vertigineuse.c'est vrai!mais je pense qu'ils ont beaucoup à gagner en irak.le pétrole a une bonne odeur!